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La « génération iPhone » est-elle si différente des précédentes ?

Elle les appelle « génération iGen » : nés à partir de 1995, « ils ont grandi avec les téléphones portables, avaient un compte Instagram avant d’entrer au lycée et ne se souviennent pas de l’époque avant Internet.» Jean M. Twenge leur a consacré une vaste recherche et un essai paru l’été dernier aux Etats-Unis.

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Addiction Autres addictions comportementales - La « génération iPhone » est-elle si différente des précédentes ?

Si vous avez, comme nous, tendance à vous perdre dans les définitions des générations, c’est le moment d’en apprendre une nouvelle. Petit mémo (les dates peuvent varier) : aux baby-boomers (1946-1964) puis à la génération X (1965-1979) ont succédé les millennials (1980-1994). Puis vient la génération « iGen », qui désigne celles et ceux nés à partir de 1995 (et qui, à la sortie de l’iphone en 2007, avaient 12 ans ou moins). C’est en tout cas ainsi que les nomme Jean M. Twenge. La psychologue américaine préfère l’appellation « iGen » à celle de génération Z, tombée selon elle en désuétude car elle ne fonctionnait que si existait une génération Y. Or le terme a été écrasé par celui de « millennials ».

Bref, cette iGen, nous dit Jean M. Twenge, est, comme nous l’avions évoqué dans un précédent article, une génération métamorphosée. Par la technologie, car « l’omniprésence du smartphone parmi eux a engendré des répercussions dans tous les domaines de leur vie, depuis leurs interactions sociales jusqu’à leur santé mentale », mais pas seulement. « Par la manière dont ses membres passent leur temps, par leur comportement, ainsi que par leur prise de position par rapport à la religion, la sexualité et la politique, la génération iGen se distingue de toutes les précédentes »

Cette singularité est décortiquée, sujet par sujet, chapitre par chapitre. Le sommaire ne fait pas dans la dentelle : le « i » est repris systématiquement. La génération iGen est donc entre autres « immature », car elle grandit moins vite et repousse l’entrée dans l’âge adulte, « indifférente à la religion », « individualiste et dans sa bulle », privilégiant la « sécurité » à la « charité » (le déclin des comportements à risque, le besoin de safe spaces dans les universités, la baisse de l’engagement communautaire, sont analysés sur plusieurs pages assez fascinantes), « indécise » de par son nouveau rapport au sexe, au mariage et à la famille, « inclusive » du fait de sa plus grande ouverture d’esprit et de l’attention particulière portée au respect de l’égalité, qu’il s’agisse de l’orientation sexuelle, de l’origine ethnique ou du genre.

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