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Amine Benyamina, docteur addictions

Tout dire, tout le temps, partout. À bientôt 52 ans, Amine Benyamina est devenu un incontournable de la scène médiatique, politique et médicale. Quitte à irriter, parfois. On ne compte plus ses fonctions : psychiatre, chef de département, président de la Fédération française d’alcoologie, rédacteur en chef de la revue « Alcoologie et addictologie », fondateur d’un congrès international…

À le voir déambuler d’un couloir à l’autre, ses collègues s’amusent. « Vous essayez de le suivre ? nous interpelle une médecin. Courage, vous allez découvrir ce que signifie être speed. » Ce lundi matin, Amine Benyamina a pourtant promis de prendre du temps. « Un portrait, dit-il un brin flatté, ce n’est pas rien, et ça permet de faire passer des messages de santé publique. »

Il y a quelques semaines, le psychiatre, chef du service d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif (Val-de-Marne), a (encore) fait parler de lui, en publiant un rapport prônant la légalisation du cannabis. De quoi faire du ramdam dans le milieu très codifié de l’hôpital public. Bientôt, il va récidiver.

«Le mec aux lunettes noires»

Le plan gouvernemental de lutte contre les addictions n’est pas encore annoncé (plusieurs fois reporté, il le sera mi-octobre) que déjà Benyamina l’étrille. « On va être déçus, c’est sûr », tranche-t-il. « Il va trop vite, tout seul ou presque », grogne un confrère. Qu’importe, le doc est accro aux sujets chocs. Et tant mieux s’il est le premier à les agiter sur la scène publique.

Jeunesse en danger, poids « inadmissible » du lobby de l’alcool, émergence d’une crise des opioïdes… L’addictologue les enchaîne, s’interrompt, y revient, comme par peur d’en oublier sur la route de ses inquiétudes. Dans son bureau, les bouquins sur les addictions -dont les siens- remplissent la large bibliothèque.

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Le 11 Déc 16