Ce qu'il faut savoir sur la cigarette éléctronique ...

Tabac / 9 octobre 2018

Tabac
Addiction Tabac - Ce qu'il faut savoir sur la cigarette éléctronique ...

« Cette fois, je l’écrase pour de bon ! » L’ultime cigarette fumée, il faut tenir l’objectif… Parmi les outils reconnus d’aide au sevrage tabagique, l’e-cigarette figure en bonne place, notamment parce qu’elle permet de se soustraire en douceur à cette addiction. Néanmoins, malgré des études sérieuses comme celle de Public Health England, l’organisme de santé publique du ministère de la Santé britannique, qui la reconnaissent 95 % moins nocive que le tabac, il est difficile d’être parfaitement rassuré quand les controverses alarmistes se succèdent à intervalles réguliers. On fait le point avec l’un des meilleurs spécialistes, le Pr Bertrand Dautzen-berg, pneumologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, et auteur de l’E-cigarette, pour en finir avec le tabac ? (Ixelles) et du Plaisir d’arrêter de fumer (First).

1. Que contient-elle précisément ?

Les principaux constituants du liquide qui alimente l’e-cigarette sont, à plus de 85 %, le propylène glycol et la glycérine végétale, lesquels produisent le flot de vapeur de la fausse fumée. Ce sont des additifs, également utilisés par l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique comme exhausteurs de goût ou comme aérosols dans certains médicaments en spray. Le liquide peut aussi renfermer de la nicotine pharmaceutique, comme celle présente dans les substituts nicotiniques (patch, gomme…). Le dosage le plus faible est de 6 mg/ml pour un maximum fixé à 19,9 mg/ml. Au-delà, le produit serait considéré comme un médicament de substitution au tabac et les fabricants seraient dans l’obligation de demander une AMM (autorisation de mise sur le marché) pour le commercialiser. Ses autres composants : des arômes alimentaires (menthe, vanille…), de l’alcool et de l’eau. Désormais, le contrôle de ces e-liquides est doublement renforcé. D’une part, depuis mai 2016, il existe un référentiel de certification Afnor qui permet d’évaluer leur qualité et leur sécurité, en vérifiant qu’ils ne recèlent aucune substance cancérogène, mutagène ou toxique pour les voies respiratoires ou le système reproducteur. D’autre part, depuis le 1 er janvier 2017, l’intégralité des ingrédients présents dans les e-liquides doit être déclarée à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) avant leur mise en vente.

2. La vapeur de la fausse fumée est-elle cancérogène ?

Pour émettre de la vapeur, il faut chauffer le liquide, et c’est ce chauffage qui est la cible régulière de polémiques anxiogènes, nourries d’études systématiquement discréditées. La dernière en date stipulait que « fumer » une e-cigarette était « de cinq à quinze fois plus cancérogène que le tabac pour cause de formation de formaldéhyde », une substance cancérogène qui apparaît lorsque le liquide est chauffé à une température très élevée. En réalité, les e-cigarettes testées dans l’étude l’avaient été dans des conditions ne correspondant pas à l’utilisation réelle qu’en fait un vapoteur : il aurait fallu que ce dernier fasse copieusement brûler le liquide, et cela à chaque bouffée inhalée, pour concorder avec l’étude. « Cette substance cancérogène ne se forme pas lorsque l’e-cigarette est chauffée à température normale, lors d’un usage classique. Les vapoteurs ne sont donc jamais exposés au formaldéhyde. Si le réservoir reste constamment humidifié – veillez à le maintenir partiellement rempli –, on demeure très en deçà des températures présentant un risque de surchauffe, où pourraient se libérer des substances toxiques, tels l’acroléine et le formaldéhyde. Qui plus est, les cigarettes électroniques sont aujourd’hui équipées d’une résistance qui contrôle la température et interrompt le système en cas de surchauffe. Enfin, les différentes études qui ont recherché des cancérogènes dans la vapeur n’ont identifié à ce jour aucun produit classé cancérogène “probable” ou “certain” pour l’homme, si ce n’est à des taux tellement infimes que ce n’est pas significatif médicalement et n’expose pas les vapoteurs à des risques », rassure le Pr Dautzenberg.

En savoir plus

Aller plus loin sur l’espace Tabac

Informations, parcours d’évaluations, bonnes pratiques, FAQ, annuaires, ressources, actualités...

Découvrir