» retour

Etre en contact avec le public fait-il consommer des SPA ? (cohorte CONSTANCES)

Exposition professionnelle au public et relation avec la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis: résultats de l’étude de cohorte CONSTANCES

Article publié par Airagnes G, Lemogne C, Goldberg M, Hoertel N, Roquelaure Y, Limosin F, Zins M

dans la revue PLoS One. 2018; 13(5): e0196330

 

Résumé (traduction non officielle)

 

Objectifs

Examiner les associations entre l’exposition professionnelle au public (par exemple, clients, invités, utilisateurs d’un service public, patients) et la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis.

Méthode

Au sein de la cohorte française CONSTANCES, basée sur la population, 16 566 hommes et 17 426 femmes travaillant actuellement ont été inclus entre 2012 et 2016. Ils ont signalé leur exposition au public (quotidienne versus à non quotidienne) et, parmi les participants exposés quotidiennement (10 323 hommes et 13 318 femmes), la fréquence de survenue d’une exposition stressante (souvent versus rarement). Les variables dépendantes étaient les suivantes :

  • consommation chronique d’alcool (<1 (1), 1-27 (1–13), 28-42 (14–28),> 42 (28) consommations par semaine chez les hommes (femmes),
  • consommation épisodique d’alcool élevée (jamais, au plus une fois par mois, plus d’une fois par mois),
  • risque alcool avec le questionnaire AUDIT (léger, dangereux, problématique ou dépendance),
  • tabagisme (non-fumeur, ancien fumeur, 1-9, 10) –19,> 19 cigarettes par jour),
  • consommation de cannabis (jamais, pas l’année passée, moins d’une fois par mois, une fois par mois ou plus).

Les régressions logistiques ont fourni des odds ratios de consommation de substances, une stratification en fonction du sexe et un ajustement pour tenir compte des facteurs sociodémographiques, de la dépression, du déséquilibre effort-récompense et de l’état de santé perçu.

Résultats

Les hommes exposés présentaient des risques plus élevés d’alcool (consommation chronique d’alcool, épisodes de consommation excessive et risque alcool), d’usage du tabac et du cannabis. Les femmes exposées présentaient des risques plus élevés de consommation de tabac et de cannabis. Chez les hommes, l’exposition stressante était associée à des risques accrus de consommation excessive, de tabac et de cannabis. Chez les femmes, l’exposition stressante était associée à des risques accrus de consommation chronique d’alcool, de risque de consommation d’alcool, de tabagisme et de consommation de cannabis. Tous ces résultats sont restés significatifs dans les analyses multivariées, en tenant compte des variables sociodémographiques, des symptômes dépressifs, de l’état de santé perçu et du déséquilibre effort-récompense.

Conclusions

Les interventions visant à réduire la demande d’emploi affective devraient systématiquement intégrer des mesures d’évaluation et de prévention des comportements addictifs. Les travailleurs vulnérables peuvent se voir proposer des interventions plus spécifiques pour réduire l’impact de l’exposition au public sur leur consommation de substances.

 

L’article peut être consulté dans son intégralité en cliquant sur : https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0196330

 

  • Partager l'article sur

A consulter aussi


Article scientifique

Altération de la reconnaissance des émotions dans le trouble de l’usage d’alcool : les raisons de la colère

Le trouble de l’usage d’alcool est associé à une altération des capacités de cognition sociale et du fonctionnement émotionnel. Ces difficultés peuvent notamment concerner la perception et l’identification des expressions faciales émotionnelles. Toutefois, il persistait jusque-là un doute sur le fait que ces difficultés soient liées au trouble de l’usage d’alcool lui-même ou aux symptômes anxio-dépressifs qui lui sont souvent associés.


Le 03 Sep 18
Revue de presse

TABAC, ALCOOL, CANNABIS / A quand la mise en oeuvre d’une politique cohérente et efficace en matières de conduites addictives ?

Alors que plusieurs candidats à l’élection présidentielle se sont prononcés en faveur de la légalisation du cannabis, la question plus large de la politique à mener en matière de conduites addictives – qu’il s’agisse d’usage d’alcool, de tabac, de drogues qualifiées de "dures" ou encore d’addictions sans produit – reste encore largement absente ou traitée superficiellement. Pourtant, l’enjeu en termes de santé publique ne peut plus être ignoré.


Le 20 Fév 17