Florence Vorspan : Bilan de 9 mois d’installation d’une salle de consommation à moindre risque dans l’enceinte d’un hôpital général

Autres drogues / 14 juin 2017

Autres drogues
Addiction Autres drogues - Florence Vorspan : Bilan de 9 mois d’installation d’une salle de consommation à moindre risque dans l’enceinte d’un hôpital général

Auteurs : Maeva Fortias, Elisabeth Avril, Bruno Mégarbane, Bertrand Galichon, Patrick Plaisance, Frank Bellivier, Florence Vorspan.

  1. Département de Psychiatrie et de Médecine Addictologique, GH St Louis-Lariboisière- Fernand Widal, APHP
  2. Association Gaïa Paris
  3. Réanimation Médicale et Toxicologique, GH St Louis-Lariboisière- Fernand Widal, APHP
  4. Service d’Accueil des Urgences, Hôpital Lariboisière, GH St Louis-Lariboisière- Fernand Widal, APHP

 

Introduction : Les salles de consommation à moindre risque sont des dispositifs qui permettent à des usagers de drogues illicites qui ne sont pas nécessairement engagés dans les soins de consommer dans un environnement sécurisé en apprenant les techniques de réduction des risques liés à l’injection de substances psychoactives.

L’installation en Octobre 2016 d’une salle de consommation à moindre risque gérée par l’association Gaïa dans l’enceinte de l’hôpital Lariboisière (APHP) à Paris a fait l’objet d’une réflexion en amont avec l’ARS, la direction du groupe hospitalier et les services cliniques concernés : les services de réanimation, des urgences et d’addictologie du groupe hospitalier. L’objectif était d’anticiper le circuit d’adressage des usagers vers ces services.

Nous proposons de détailler le bilan de ces adressages 6 mois après l’ouverture en termes de nombre de patients adressés, motif d’adressage et nombre de patients effectivement venus.

Résultats : La salle de consommation à moindre risque de l’association Gaïa reçoit une moyenne de 140 passages par jour. Durant les 6 premiers mois suivant l’ouverture, 1 usager a dû être pris en charge sur place par l’équipe de réanimation médicale pour une intoxication sévère aux opiacés, 4 patients se sont rendus aux urgences pour des malaises, notamment 2 crises d’épilepsie authentifiées. Les patients référés à Fernand Widal pour des soins programmés étaient au nombre de 6 : 2 pour des soins de médecine générale ne relevant pas de l’urgence, 1 pour phlébite et 1 non venu; et 4 pour des demandes de prises en charge addictologique et psychiatrique (demandes de sevrage chez des patients présentant des pathologies psychotiques chroniques non traitées) dont seuls 2 se sont rendus en consultation.

Discussion : ces résultats sur les premiers mois d’ouverture du dispositif de salle de consommation à moindre risque montrent l’intérêt d’une articulation avec le dispositif de soins. Comme dans la littérature existant sur l’adressage des usagers de drogues fréquentant les salles de consommation (1), nous retrouvons la difficulté particulière pour des patients atteints de pathologies psychiatriques d’être effectivement captés dans le système de soins.

Perspective : Nous mettrons en place à la rentrée 2017 une consultation psychiatrique avancée au sein même de la salle de consommation pour limiter l’attrition de ces patients.

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