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La méthadone finirait-elle par faire plus de mal que de bien?

148 morts: c'est le nombre d'overdoses par méthadone en 2016 que rapporte l'enquête DRAMES, qui recense les décès en lien avec les substances psychoactives. «La méthadone est toujours la substance la plus impliquée dans les décès», a commenté l'Agence nationale de surveillance du médicament (ANSM).

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Aux États-Unis, la guerre du Vietnam n’a pas seulement tué 58.000 GI’s et fait presque autant de suicidés, elle a aussi largement contribué à la vague d’addiction à l’héroïne qui déferla sur le pays. Dès les années 1960, la méthadone commence donc à être utilisée comme traitement de substitution. En France, c’est seulement en 1995 qu’elle arrive sur le marché. À ce moment-là, les pouvoirs publics s’inquiètent surtout de l’épidémie du sida: 38% des femmes et des hommes héroïnomanes sont séropositifs et ils représentent 22% du total des malades du sida. Avec d’autres mesures comme la distribution de seringues gratuites, l’objectif est clair: réduire les contaminations par la «réduction des risques».

Bien dosée, la méthadone permet de limiter les signes de sevrage, ce qui permet au patient ou à la patiente d’arrêter les injections d’héroïne et de se réinsérer. En France, la mise en place de traitements de substitution a été particulièrement polémique, avec des médecins accusés d’être des «dealers en blouse blanche». Car l’utilisation de ces produits requiert un changement de mentalité: on ne cherche plus à ce que le patient ou la patiente stoppe complètement tout opiacé, mais à ce qu’elle se stabilise et arrête les conduites à risque (injection, infractions…)

«C’est un médicament qui n’a pas été prescrit pour guérir, mais pour réduire les risques liés à cette addiction, explique sur Fréquence M le Pr Benyamina, addictologue. On a substitué l’héroïne par un produit dont on connaissait le contenu et dont on pouvait connaître les effets sur la personne, donc on limite les risques de maladies infectieuses, d’overdoses, les problèmes liés aux comportements psychopathiques ou délictueux.»

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