La ouate. Où comment j’en suis arrivée là.

Alcool / 30 octobre 2018

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Addiction Alcool - La ouate. Où comment j’en suis arrivée là.

Je n’ai pas l’intention de compter les jours. Ou peut-être que si. J’apprends à désapprendre, ce qui signifie pas mal de contradictions en permanence, dire tout et son contraire, douter. Ca ne change pas grand-chose par rapport à mon moi d’avant.

Ce qui change en revanche, c’est l’épluchage.

Définition du dictionnaire : « Action d’éplucher, épluchage de pommes de terre ».

Je suis une pomme de terre.

Éplucher : « Nettoyer en enlevant les déchets, ôter l’écorce. »

Jusqu’au noyau. De la pomme de terre.

L’épluchage fait peur parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a en-dessous. On l’a su il y a très longtemps quand on était enfant, quand les bonbons ou les sucreries nous faisaient plus envie qu’une bouteille de vin. La pomme de terre s’est recouverte d’épaisseurs indistinctes comme un tuyau rouillé dont on a oublié la couleur d’origine.

Arrêter l’alcool, c’est enlever la ouate qui nous enveloppait.

C’est avoir peur de se retrouver nu et que les autres voient les bourrelets moches, la cellulite, les cicatrices, les blessures mal refermées et malodorantes, grâce à la ouate, on cache, on fait illusion le temps d’une soirée, quelques heures de répit où ment à tout le monde et à soi-même en jouant à être une personne différente de celle que l’on est vraiment.

La ouate comme un pont entre moi et le monde. Elle glisse sur la peau, caresse les lèvres et frôle l’entrecuisse. Nulle part et partout, sensuelle, complice. Libère des envies qu’on croyait enfouies. La ouate comme rempart entre moi et le monde. Large manteau où s’anéantissent les doutes. Quelques gorgées ouvrent les portes dérobées. Où les regards ne sont plus radioactifs.

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