"Les dérives d'Heineken en Afrique sont exemplaires" (l'Express)

Alcool / 12 octobre 2018

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Addiction Alcool - "Les dérives d'Heineken en Afrique sont exemplaires" (l'Express)

Au Burundi, pays exsangue à l’histoire tourmentée, on la vénère avec la ferveur due à la “mousse sacrée”. Sur le continent noir, la bière dope les soudards et anesthésie les peuples, tandis que son commerce enrichit des brasseurs occidentaux enclins à sceller de douteux pactes avec des pouvoirs tyranniques. Dans un essai intitulé “Heineken en Afrique, Une multinationale décomplexée”, publié aux éditions Rue de l’échiquier, le journaliste néerlandais Olivier van Beemen dévoile les coulisses d’une emprise postcoloniale moins légère que le breuvage blond ou ambré jailli des tireuses, des bouteilles ou des cannettes.

Fruit d’une enquête menée cinq années durant dans douze pays, nourri par 400 entretiens, cet ouvrage, dont la version initiale est parue en novembre 2015 aux Pays-Bas, aura eu le mérite de bousculer une institution. Forte de la cinquantaine de brasseries détenues sur le continent, la maison Heineken, deuxième groupe brassicole de la planète derrière l’Américain AB InBev, jouit en effet du statut de fierté nationale.

S’il se défend d’instruire à charge, van Beemen explore le fossé qui sépare le credo humaniste de l’entreprise, prompte à mettre en scène ses engagements humanitaires, sanitaires ou éducatifs, de ses pratiques. Et qui, dans un contexte de concurrence acharnée, perpétue une tradition de complaisance envers des régimes et des despotes indéfendables. Le Portugais Antonio Salazar avant-hier, les suprématistes blancs sud-africains et les orchestrateurs du génocide rwandais hier, le Burundais Pierre Nkurunziza aujourd’hui.

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