Non, l'alcool n'est pas bon pour votre santé

Alcool / 24 août 2018

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Addiction Alcool - Non, l'alcool n'est pas bon pour votre santé

Malgré les présentations orientées, partielles et intéressées sur lesquelles s’appuient le marketing des alcools et des vins pour soutenir que l’alcool est bon pour la santé, une étude majeure vient d’être publiée ce jour dans le Lancet, la meilleure revue de médecine au monde.

Cette étude analyse les consommations d’alcool dans le monde et les conséquences sur la santé et la mortalité de ces consommations :
un consortium des meilleurs spécialistes de santé publique, représentant 195 pays, a analysé, sur plus d’un millier d’études et de bases de données, les consommations d’alcool et les conséquences de celles-ci. Ils ont utilisé une méthodologie extrêmement pointilleuse et précise. Leurs résultats devraient mettre fin aux présentations tronquées et partiales présentant les bienfaits des faibles consommations d’alcool.

Etudes partielles vs analyse globale de la mortalité

Ils confirment de façon incontestable que l’augmentation de la mortalité liée à l’alcool est en corrélation avec les quantités consommées.

Si la mortalité par maladie coronarienne chez les hommes entre 45 et 60 ans et celle liée au diabète chez les femmes diminuent de 10% pour une consommation de 1 à 3 verres, cette amélioration est totalement effacée par toutes les autres causes de mortalité (cancer du sein chez la femme, cancer ORL, tuberculose, accidents de la route, blessures etc…).

L’inutile débat sur les faibles consommations

Il ne devrait plus y avoir de discussions : la mortalité augmente même avec un faible niveau de consommation régulière. Mais, cette augmentation est de l’ordre de “l’épaisseur du trait” pour un verre/jour et de 10 à 20% pour 2 à 3 verres. En revanche, à partir de 4 verres, la mortalité augmente de 25%, à 6 verres de 50%, à 8 verres de 100%. (voir courbe ci-dessus)

L’alcool est mauvais pour la santé certes, mais indiscutablement bon pour le plaisir

L’alcool, et le vin, sont sources de plaisirs, de convivialité, d’empathie et font partie intégrante de notre culture. Chacun devrait donc pouvoir choisir en conscience le niveau de risques qu’il accepte au regard du niveau de plaisir qu’il recherche. Mais, lorsqu’on est au-delà des consommations modérées, les risques pour soi-même et pour autrui deviennent majeurs.

Les alcooliers prétendent prôner une consommation modérée mais si les 3/4 des français sont au dessous du seuil de 3 verres/jour, il faut savoir que c’est le quart restant (les consommateurs excessifs et les dépendants) qui fait 80% de leurs ventes. : le modèle économique des alcooliers est bâti sur les consommations excessives.

Et de plus, cette étude sous-évalue les conséquences néfastes des consommations d’alcool

Les auteurs signalent que cette étude sous-évalue la mortalité et le poids sanitaire car elle ne prend pas en compte les victimes d’accidents et de violences; elle n’analyse pas les conséquences chez les jeunes et elle ne prend pas non plus en compte les conséquences neurologiques (première cause de démence chez les moins de 60 ans) et psychiatriques des consommations d’alcool.

Et après cette étude, que va-t’il advenir ?

On peut s’attendre à ce que ces travaux soient critiqués et descendus de toutes les manières possibles car ce que les alcooliers craignent le plus au monde c’est que soit inscrit sur les bouteilles “l’alcool est mauvais pour la santé”. Mais cette étude restera vraisemblablement un moment charnière qui commencera à rapprocher dans les représentations sociales l’alcool du tabac. Cette étude influera surement sur les positions de l’OMS et sur les politiques à mener en matière d’alcool. Elle aidera sûrement à résister aux pressions du lobby alcoolier et aux contre-vérités qu’il défend.

Voir l’article du Monde sur le sujet 

Voir l’article du Figaro sur le sujet 

Michel Reynaud 

 

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