Quand l’ecstasy fait grimper la température à 43 degrés

Autres drogues / 14 juin 2018

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Addiction Autres drogues - Quand l’ecstasy fait grimper la température à 43 degrés

C’est l’histoire d’un garçon de 16 ans qui a eu chaud, très chaud, après avoir consommé de l’ecstasy. Après une soirée dans une boîte de nuit londonienne réservée aux moins de 18 ans, il est admis aux urgences au petit matin pour perte de connaissance. Quelques instants plus tôt, il était agité et tenait des propos incohérents. Ses copains fêtards déclarent aux urgentistes que leur ami avait pris un comprimé d’ecstasy sans pour autant consommer d’alcool et d’autres stupéfiants.

Sur l’échelle de coma de Glasgow, qui évalue l’état de conscience sur 15 points, le score du jeune patient est à 5 points. Autant dire dans le coma. Il n’est pas possible de déterminer avec précision la température corporelle mais celle-ci dépasse assurément les 43° C. Et pour cause : les thermomètres électroniques tympaniques ne peuvent afficher un chiffre plus élevé. Le cœur du patient bat à 160 pulsations par minute. La pression artérielle est effondrée (85/43 mmHg).

Refroidissement interne

Afin de faire rapidement baisser la température corporelle, les médecins réanimateurs insèrent un cathéter intravasculaire de refroidissement dans une veine fémorale du patient. Son état de santé se détériore cependant très vite. L’adolescent présente une défaillance de plusieurs organes associée un trouble sévère de la coagulation (coagulation intravasculaire disséminée, CIVD).

Le jeune homme saigne au niveau des points d’insertion des cathéters de perfusion. Pour arrêter ces saignements, le patient est transfusé en produits sanguins, notamment en plasma frais congelé, cryoprécipité (facteurs de coagulation concentrés) et globules rouges. Il reçoit également des médicaments renforçant la contraction cardiaque et augmentant la pression artérielle. Enfin, on lui administre des antibiotiques à large spectre et des antifongiques pour éviter qu’il ne développe une infection.

Entre temps, les analyses toxicologiques reviennent positives pour le MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), plus connu sous le nom d’ecstasy. Elles sont en revanche négatives pour la cocaïne, les cannabinoïdes et les opioïdes.

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