Je fume parce que je suis déprimé(e) et je suis déprimé (e) parce que je fume.
Le tabac est associé à la dépression : un fumeur a plus de risques de souffrir de dépression. Le risque suicidaire est plus important chez le fumeur : 2 fois plus de tentatives de suicide chez le fumeur. Le nombre de tentatives de suicide est multiplié par 2 chez les fumeuses de moins de 25 cig./jour et par 4 si le tabagisme dépasse 25 cig. /jour.

Comment ça se passe quand je fume ?

Nous avons tous dans notre cerveau, des récepteurs nicotiniques, ce sont des récepteurs à l’Acétylcholine, une substance dont notre organisme a besoin pour fonctionner.
La nicotine est une maligne, dans l’espace elle ressemble à l’Acétylcholine, elle vient se fixer comme un leurre sur les récepteurs à l’Acétylcholine qui deviennent des récepteurs à la nicotine. On en a un certain nombre dès la naissance, et quand on va commencer à fumer, ces récepteurs vont se transformer dans leur fonctionnement et se désensibiliser à la nicotine. Pour faire fonctionner ces récepteurs dont le rôle est la libération d’hormone du plaisir et de l’humeur, il va falloir de plus en plus de nicotine, ce qui explique qu’un fumeur va fumer de plus en plus, pour rechercher la libération de ces hormones du plaisir .
Comme si cela ne suffisait pas , parmi les produits synthétisés par pyrolyse et contenus dans la fumée de cigarettes on trouve l’harmane et la norharmane qui sont des antidépresseurs (IMAO) puissants, surtout quand ils sont consommés continuellement.
C’est comme cela que la dépendance s’installe : chaque cigarette va entrainer une sensation de bien être éphémère , avec une sensation de manque dès que cette sensation disparaît, appelant une autre cigarette, et source d’angoisse d’anxiété et de dépression.
Il existe une association claire entre les troubles anxio-dépressifs et un niveau élevé de dépendance tabagique.
Plus on est dépendant, plus on risque de souffrir de syndrome anxio-dépressif.

Dépression, schizophrénie, bipolarité : le risque de dépendance augmente

La consommation de cigarettes est plus élevée chez les personnes atteintes d’une maladie mentale. Près de 80 % des personnes souffrant de schizophrénie fument,
Pour Le Pr Dautzenberg : “Le fait d’être dépressif triple les chances de devenir dépendant au tabac”. Les individus dépressifs (76 %) sont plus dépendants à la nicotine que ceux qui n’ont jamais souffert de dépression (52 %).
La dopamine joue très souvent un rôle dans les troubles mentaux et son augmentation est liée, entre autres, à la présence de nicotine. Le bien-être temporaire que procure la nicotine est suffisant pour créer une sorte de double dépendance chez les personnes atteintes. Il y a la dépendance physique, comme pour les fumeurs réguliers, et cette dépendance est davantage liée à la surabondance de dopamine.
La cigarette devient donc un calmant particulièrement efficace pour eux. Par contre, si on retire la cigarette, les signes de manque risquent d’être plus évidents et plus présents et c’est pourquoi l’arrêt est plus difficile.

Et si j’arrête de fumer ?

L’arrêt du tabac est associé à une réduction de la dépression et à une amélioration de l’humeur et de la qualité de vie.
4 semaines après l’arrêt du tabac, le niveau d’anxiété diminue.
Pour tous les sujets, si abstinence de 3 mois, le score de dépression chute considérablement.
Il est recommandé, dans le cas d’une personne dépressive et fumeuse, de traiter l’état dépressif avant de commencer le sevrage tabagique. Ainsi, on maximise les chances de succès tout en diminuant le ressenti difficile qui suit l’arrêt du tabac.

Loin d’accroître les angoisses, une fois les moments critiques dépassés au bout de quelques semaines, arrêter de fumer “rend heureux”.

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