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Les sels de nicotine et la Juul

On trouve sur le marché des sels de différentes combinaisons, le secret réside dans la formulation et la caractérisation du mélange sel obtenu (acide + nicotine base) et surtout le matériel et les réglages de vaporisation ainsi que le matériau de la résistance elle-même. Lire impérativement les recommandations du vendeur ou du fabricant et prendre connaissance de la composition. Les…

On trouve sur le marché des sels de différentes combinaisons, le secret réside dans la formulation et la caractérisation du mélange sel obtenu (acide + nicotine base) et surtout le matériel et les réglages de vaporisation ainsi que le matériau de la résistance elle-même.
Lire impérativement les recommandations du vendeur ou du fabricant et prendre connaissance de la composition. Les sels de nicotine demandent plus d’attention que la nicotine base que nous connaissons, il en existe plusieurs.

Comment obtient-on un sel de nicotine ?

Pour obtenir un sel de nicotine, il faut associer de la nicotine base à un acide, le transformer ou non et caractériser le contenu pour en connaître sa composition. Attention ce n’est pas aussi simple, c’est de la vulgarisation. Le secret réside dans la formulation pour tous les sels et la méthode.
En fonction du processus de transformation, un sel de nicotine produit fini peut contenir de l’acide libre n’ayant pas réagi ou de la nicotine base libre, ou les deux, ou ne pas en contenir aussi. Dans le cas où il n’y a pas de trace d’acide ou de nicotine base, on a donc un sel de nicotine 100% caractérisé, c’est-à-dire exempt de tout autre composé.

Comment fonctionne l’acide ?

Les familles de sel les plus connus sont benzoates, levulinates et tartrates. Il y a les mono-sels et les di-sels. Les mono-sels s’obtiennent généralement sans manipulation de transformation/réduction/retrait/ajout et les di-sels subissent un processus de transformation spécifique avec ajout.
A titre d’exemple non limitatif, les acides largement répandus sont l’acide salicylique, l’acide sorbique, l’acide benzoïque, l’acide laurique… Donc le choix de la formulation est important pour obtenir tel ou tel résultat, soit 100%, soit avec de l’acide libre ou soit avec de la nicotine base libre. La magie de la chimie!

L’acide semble agir dans la formulation du sel sur la capacité de la nicotine à se fixer sur les récepteurs nicotiniques afin de stimuler la zone de récompense du cerveau et aussi un peu plus bas dans les intestins, c’est une question de fixation mais la quantité apportée à l’organisme pour deux produits à 20mg/ml est par logique la même entre sel de nicotine et nicotine base.

Alors, c’est du sel, comme pour mon steack ?

Eh bien, oui … et non. Il existe de nombreuses définitions scientifiques des sels, et ils vont au-delà de la substance blanche (ou peut-être rose ou bleue) que vous associez à une saveur «salée». Fondamentalement, la base de cette substance traite de l’équilibre du pH, ce qui signifie que cela fait appel à la chimie.
Il y a divers acides utilisés et ceux-ci agissent différemment. Faire un sel de nicotine, c’est faire du rétro-ingeniering afin d’aller retrouver la nicotine sous sa forme primaire qui peut, soit se présenter sous forme de cristaux après manipulation, ou sous forme liquide en fonction des processus de transformation.

La nicotine trouvée sur les feuilles de tabac est plus acide que celle trouvée dans l’extrait de nicotine base – pensez au tabac ayant une acidité d’environ 5 sur l’échelle de pH 0-14, alors que la nicotine typique dans l’e-liquide est plus alcaline, quelque part autour de 8.
La nicotine base communément utilisée est créée lorsque l’on en retire des protons, pour ce faire on y ajoute une base comme l’ammoniaque pour éliminer tous les protons qui s’y trouvent et séparer les sels présents afin de créer une forme de base libre de nicotine. D’où les appellations un peu barbares de base de nicotine protonnée ou non protonnée.

« Ça monte » plus vite ?

Cela semble se fixer différemment dans la majorité des cas,  pénétrer différemment et parfois plus longtemps. Ce qui est certain, c’est que c’est majoritairement différent. La nuance est importante et dépend de la famille d’acide utilisée et de la formulation comme expliqué plus haut

Bien souvent les constatations allant dans le sens d’un effet plus rapide ou plus important sont le fait de personnes habituées à vaper avec un faible taux de nicotine qui lorsqu’elles vapent en sels dosés à 20mg/ml oublient que ce qu’elles attribuent au sel est simplement une conséquence du dosage ou titrage.

L’avantage c’est quoi versus la nicotine base ?

En gros un hit beaucoup plus faible, plus agréable pour les taux de nicotine élevés. Cela permet aux personnes ayant besoin d’un taux de nicotine important mais ne supportant pas le « hit » (contraction du larynx) produit par la nicotine base, de pouvoir vaper à un taux confortable, c’est souvent le cas de primo-vapoteurs ou de personnes souffrant d’insuffisance respiratoire ou encore de fumeurs ayant la gorge très irritée par la fumée du tabac. C’est ce qui est à retenir.

Pourquoi une faible température/puissance ?

Le risque « théorique » c’est la dégradation et les interactions moléculaires non contrôlées à forte température comme sur les di-sels a base d’acide benzoïque ayant subi une transformation préalablement pour être formulés et pouvant en produit fini contenir de l’acide libre. Cet acide est plus adapté aux pods et atomiseurs MTL (tirage serré, bouche vers poumon) à faible puissance (Clearomiseur ou Dripper).

Les sels formulés à partir d’acides alimentaires dans la majorité des cas, permettent plus de choses en tolérance de température/puissance. Mais dans les deux cas il faut plus de données, aussi on recommande le bon sens à la vue de la bibliographie actuelle, et souvenez-vous la nicotine n’aime pas la chaleur, celle-ci la rend moins efficace qu’elle soit sel ou base.

Et je l’utilise avec quel genre de matériel?

Etant donné le peu d’études françaises disponible à ce sujet, les liquides sels sont à vaporiser à faible puissance et valeur de résistance haute, rapport fonctionnel : 11 watts/1,6 ohms. Par exemple : Cubis pro, Gs Air, Infinix, Nautilus, Zénith …

On en parle : le cas particulier de la Juul

Image associée Juul : Qu’est-ce que c’est ?

La société Juul, basée à San Francisco, fait régulièrement la une des journaux en raison de sa popularité explosive et de ses parts de marché depuis plusieurs années. Même après que la société ait été contrainte de suspendre sa présence sur les réseaux sociaux, alors que la FDA enquêtait sur des préoccupations concernant la promotion de l’usage du tabac chez les mineurs, Juul continue de se faire connaître avec des ventes en hausse et des surnoms affectueux, tels que l’iPhone des vaporisateurs.

Juul est comme beaucoup d’autres cigarettes électroniques, mais avec quelques détails qui la distinguent. Premièrement, cette vape est petite et à peine perceptible : sa conception en forme de clé USB peut être cachée dans la paume de la main et elle ne produit pas un volume de vapeur énorme comme certaines autres cigarettes électroniques.

Deuxièmement, la teneur en nicotine (50 mg/ml) de ses cartouches ou « pods » a créé un  précédent pour le marché de la cigarette électronique aux Etats-Unis : toutefois il n’en est pas de même en France depuis les nouvelles dispositions de la loi santé du 20 mai 2016 (maxi 20 mg/ml).

Comment l’entreprise a-t-elle commencé ?

Juul Labs, Inc. a été séparé de Pax Labs en 2015. Les fondateurs Adam Bowen et James Monsees ont cofondé la société lorsque, en tant qu’anciens fumeurs, ils ont décidé de rechercher une meilleure alternative aux cigarettes. Leur idée de « meilleur » se manifeste par la forte teneur en nicotine de Juul (50mg/ml) aux États-Unis et son design mince qui diffuse très peu de vapeur par rapport à d’autres produits.

Altria (Marlboro) investit dans le capital de Juul

Le jeudi 20 décembre 2018, le fabricant de cigarettes électroniques a officialisé l’entrée dans son capital de l’un des géants du secteur, l’américain Altria, distributeur de la marque Marlboro aux États-Unis. Menacé d’un déclin de ses ventes, le cigarettier va dépenser 12,8 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) pour récupérer 35% du capital. Cette opération valorise la start-up de San Francisco à 38 milliards de dollars.

Avec cet investissement, la société, vieille de seulement trois ans, est propulsée au quatrième rang des start-up les plus valorisées au monde derrière Uber et les chinois Didi Chuxing et Bytedance. Elle devance, en valeur, des poids lourds américains comme SpaceX, Airbnb, mais aussi Ford ou Delta Airlines.

Anciennement connu sous le nom de Philip Morris, Altria était autrefois une société dont les publicités couvraient télévisions, magazines et panneaux publicitaires américains. Mais, dans les années 1990, un règlement juridique historique concernant l’augmentation des coûts de santé publique des cigarettes a limité le marketing de l’industrie. Selon les termes d’un ancien dirigeant, l’entreprise est devenue « un cabinet d’avocats avec une branche manufacturière ».

Comment Juul se compare-t-elle aux autres cigarettes électroniques ?

Juul utilise un système fermé, ce qui signifie que les utilisateurs ne peuvent pas remplir les pods (=réservoirs) eux-mêmes. La petite taille de Juul, son design compact et son aspect minimal la rendent plus discrète que beaucoup d’autres marques. Sans boutons, ni interrupteurs – juste des pods jetables à clipper, il suffit d’aspirer pour la faire fonctionner.

Juul c’est comment ?

Juul comprend deux parties. Il y a la cigarette électronique elle-même, qui contient la batterie, le régulateur de température et des capteurs qui identifient le niveau de charge. Le Pod contient une formulation de e-liquide brevetée par Juul. Un mélange de sels de nicotine, glycérol, propylène glycol, acide benzoïque et arômes.

Les sels de nicotine dans les pods Juul sont un type de nicotine formulé afin réduire le hit en gorge (contraction du larynx) pour faciliter l’inhalation, par opposition à d’autres vapes système fermé qui utilisent la nicotine en base libre. La nicotine base libre, à des hauts taux, a tendance à faire régulièrement tousser quand la prise en charge du fumeur est mal expliquée. Les pods de Juul sont actuellement disponibles en huit saveurs : concombre, crème, menthe, mangue, menthol, fruit, tabac de Virginie et tabac classique. Et Juul est généralement disponible dans certains shops de vape et chez les buralistes à côté des paquets de cigarettes. Mais si aux Etats Unis la limite de nicotine dans les cartouches est de 50mg/ml, ce qui explique son succès,  en Europe et notamment en France elle est limitée à 20mg/ml : Juul devient « un système parmi d’autres ».

Alors Juul c’est fait pour moi pour quitter le tabac ?

Ce taux limité à 20mg/ml explique le démarrage très mitigé en France, la limite de 20mg par millilitre imposée par la directive européenne n’est en effet pas suffisante pour pouvoir contenter un « gros » fumeur. Il faudra ainsi préférer une vape en 20mg/ml à système ouvert remplissable avec d’autres paramètres plus des substituts nicotiniques transdermiques ou oraux : le fait de multiplier les apports de nicotine, autant par une vape (en sels ou pas, selon les besoins et selon les moments d’une même journée) que par des substituts (patch, pastilles, etc.) permet une délivrance « au besoin » individuel de chaque personne.

Le Hit pour beaucoup de fumeurs est un élément essentiel ainsi que l’autonomie, et Juul ne répond pas à ces deux critères qui sont pour le moins très essentiels. Elle peut être considérée comme une petite vape d’appoint en cas de besoin,  mais certainement pas comme un système principal journalier pour les défumeurs, son système de cartouche la rendant extrêmement onéreuse et très peu pratique par rapport aux systèmes ouverts remplissables comme par exemple une Minifit (moins de 20 euros).
La cartouche de Juul a une contenance de 0, 7 ml, ce qui pour une journée est très peu au regard du besoin du fumeur dépendant cherchant à se servrer, il faudra irrémédiablement en consommer plusieurs pour se contenter, ce qui budgétairement (et écologiquement) n’est pas à l’avantage du défumeur.


Mickaël Hammoudi