Addiction sexuelle chez les personnes qui pratiquent le chemsex : quelle prévalence et quels déterminants ?

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Les résultats d’une étude parue dans la revue de sexologie Archives of Sexual Behavior.

Le chemsex désigne la consommation de drogues à des fins sexuelles principalement chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Si le chemsex conduit à une consommation problématique de substances, il peut aussi faire basculer la sexualité vers une perte de contrôle, des conséquences néfastes et mener à une addiction sexuelle. Or les déterminants de l’addiction sexuelle dans le chemsex ont été peu étudiés jusqu’à présent.

Dans un échantillon de 353 HSH cherchant des soins pour une pratique problématique du chemsex, l’addiction sexuelle a été dépistée à l’aide du test de dépistage de l’addiction sexuelle (échelle SAST de Carnes). Les caractéristiques sociodémographiques et cliniques ont également été mesurées, notamment toutes les drogues signalées comme problématiques par les participants, mais aussi les antécédents psychiatriques, y compris les hospitalisations psychiatriques, les autres conditions médicales et les pratiques à risque liées au chemsex (par exemple, le slam, c’est-à-dire la consommation de drogues par injection), ou les antécédents de surdose.

À l’aide d’un modèle de régression logistique par étapes, nous avons exploré les facteurs associés à l’addiction sexuelle.

Les analyses multivariables ont révélé que, par rapport aux autres HSH, ceux qui souffraient d’une addiction sexuelle (n = 39, 11,0 %) :

  • étaient plus âgés (risque pour chaque année d’âge supplémentaire : aOR = 1,04 ; IC à 95 % : 1,01-1,08),
  • avaient un risque accru d’hospitalisation psychiatrique antérieure (aOR = 2,95 ; IC à 95 % : 1,36-6,31),
  • avaient une consommation problématique de méthamphétamine nettement plus fréquente (aOR = 6,00 ; IC à 95 % : 2,54-14,17).

D’autres paramètres étaient associés à l’addiction sexuelle uniquement dans les comparaisons bivariées, tels que la consommation moins fréquente de gamma-hydroxybutyrate/gamma-butyrolactone (p < 0,05) et de cathinone (p < 0,01).

En conclusion, l’addiction sexuelle chez les HSH ayant des pratiques sexuelles à risque était associée à une augmentation des problèmes psychiatriques, mais aussi à des schémas spécifiques de consommation de substances, en particulier une prééminence frappante de la consommation problématique de méthamphétamine.

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