Le regard d’expert du Pr Mickaël Naassila, président de la Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie.
Pr Mickaël Naassila, président de la Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie
Pr Mickaël Naassila, président de la Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie
Les liens de causalité entre la consommation d’alcool et plusieurs cancers sont aujourd’hui scientifiquement établis. Et pourtant, ils restent largement sous-estimés et de nombreuses personnes diagnostiquées pour un cancer continuent de boire de l’alcool !
L’alcool qui est en fait de l’éthanol, est une molécule toxique pour l’organisme.
Comme le rappelle notre expert du mois, le Pr Mickaël Naassila, président de la Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie : « Exposé à l’alcool, l’organisme déclenche une cascade de réactions de défense, toutes aussi toxiques, pouvant favoriser le développement de certains cancers. »
Pour se défendre, le corps transforme, en effet, l’éthanol en acétaldéhyde, une molécule également hautement toxique, elle-même dégradée par l’ALDH (aldéhydes déshydrogénases). Un lot de réactions chimiques qui peut entraîner :
-un stress oxydatif
-une inflammation chronique
-une baisse de l’immunité et de l’efficacité de certains traitements
-des effets mutagènes
-des dérèglements hormonaux
Résultat : toute cette toxicité augmente les risques de cancers.
L’alcool est ainsi impliqué dans au moins 8 types de cancers, dont :
Fait marquant précise le Pr Mickaël Naassila, « En France, plus d’un décès sur deux par maladie du foie est aujourd’hui lié à l’alcool, là où l’hépatite dominait auparavant. »
Les études épidémiologiques et génétiques sont claires : si le cancer peut se développer pour d’autres raisons, les liens de causalité entre la consommation d’alcool et certains cancers sont avérés, l’alcool n’est absolument pas un facteur anodin.