La hausse de la consommation de cocaïne en France (passée de 1,8 % à 9,4 % depuis 2000) pose une « urgence sanitaire et sociale », alerte l’Inserm. Dans une vaste
, les chercheurs préconisent une réponse sur plusieurs axes. La première solution reste de ne pas commencer à consommer : les politiques de prévention font ainsi partie de la « première ligne d’actions essentielles », selon l’expertise.
À défaut, la mise en place d’un modèle de « réduction des risques et dommages » est primordiale afin d’accompagner au mieux les usagers. Sa mise en œuvre la plus connue sont les salles de consommation supervisée. Matériels stériles, personnels formés : ces lieux permettent aux usagers « une consommation en sécurité, avec un soutien social et médical », indique Yasser Khazaal, professeur de psychiatrie des addictions à l’université de Lausanne. Malgré des oppositions contre leur implantation, les salles montrent des résultats encourageants : à Strasbourg, une telle installation a permis de diminuer de 40 % les injections en public, selon l’étude.
Parmi les mesures d’accompagnement saluées par l’expertise pour leur efficacité sur les usagers les plus exposés aux risques de la cocaïne, on trouve le programme
housing first, qui propose des hébergements sans conditions aux personnes sans abri consommatrices de cocaïne. D’abord implantés en Amérique du Nord puis en France sous le nom “Un chez soi d’abord”, ces dispositifs « permettraient de réduire les hospitalisations de moitié », selon l’expertise. Au-delà des résultats sanitaires, ces mesures « restaurent la dignité et l’autodétermination » des usagers, selon Yasser Khazaal et sa collègue Perrine Roux, directrice de recherche à l’Inserm au sein de l’unité Sciences économiques et sociales. Ce faisant, elles « luttent contre les stigmatisations » qui leur pèsent dessus, selon le chercheur. Et améliorent
in fine leur accès aux soins.
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Cocaïne : comment expliquer l’explosion de sa consommation en France ? – Addict Aide – Le village des addictions