Résultats d'une méta-analyse réalisée par une équipe française, et parue dans Sleep Medicine Reviews.
L’usage de substances psychoactives constitue un enjeu majeur de santé publique en raison de ses nombreuses conséquences sur la santé physique et mentale. Les substances les plus couramment consommées, telles que l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne et les opioïdes, sont associées à divers effets délétères, notamment des complications cardiovasculaires, des troubles psychiatriques, ainsi qu’un risque accru de cancer pour certaines substances.
Parmi ces effets, l’impact de la consommation de substances sur le sommeil suscite un intérêt croissant. Cette revue systématique et méta-analyse a été conduite conformément aux recommandations des Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses (PRISMA) (27). Le protocole de la revue a été enregistré sur PROSPERO avant la réalisation de la recherche systématique (numéro d’enregistrement : CRD42024622534).
Cette méta-analyse parue dans Sleep Medicine Reviews visait à évaluer l’impact des substances les plus couramment utilisées (alcool, tabac, cannabis, opioïdes et cocaïne) sur l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), en comparant les scores moyens d’IAH entre consommateurs et non-consommateurs. Au total, 3 784 articles ont été identifiés à partir de la recherche PubMed, et 28 études ont été incluses dans la méta-analyse. Nous avons mis en évidence un niveau d’apnée du sommeil plus élevé chez les consommateurs d’alcool (DMS : 0,46 ; IC à 95 % [0,21–0,71] ; z = 3,62 ; p < 0,001), ainsi qu’une prévalence plus élevée d’apnées centrales du sommeil chez les consommateurs d’opioïdes (DMS : 0,44 ; IC à 95 % [0,24–0,64] ; z = 4,37 ; p < 0,001). Les niveaux d’apnée du sommeil étaient également plus élevés chez les consommateurs de tabac, bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative. Concernant les effets modérateurs, le sexe pourrait influencer l’impact de l’alcool, tandis que l’âge et le sexe pourraient affecter la relation entre les opioïdes et l’apnée du sommeil. Aucune étude n’a comparé l’apnée du sommeil chez les consommateurs de cocaïne, par rapport aux non-consommateurs, et une seule étude comparant l’apnée du sommeil des consommateurs de cannabis à celui des non-consommateurs a été identifiée.