Lisa, 24 ans : « L’alcool a détruit ma vie »

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Lisa a 24 ans. Elle vit en Ille-et-Vilaine. Son récit a été élaboré avec les journalistes de la Zone d’expression prioritaire (Zep), lors d’ateliers d’écriture avec des jeunes.

La Zone d’expression prioritaire (Zep) élabore ces récits avec des jeunes de 14 à 30 ans, lors d’ateliers d’écriture encadrés par des journalistes. Ces témoignages sont ensuite publiés par des médias. Tous les mois, dans le journal et sur ouest-france.fr, on peut lire ces récits de vie, comme celui de Lisa, 24 ans. « D’abord, il a pris l’homme de ma vie, mon père. Le plus beau, le plus fort, le plus courageux. C’était un battant qui donnait tout pour sa famille… Puis ça a été à son tour à elle, ma mère, ma meilleure amie, mon pilier dans ce bateau à moitié cassé. L’amour était bien présent, intense, mais l’alcool écourtait ces jolis moments. Plus de discussions, plus de belles tablées et de repas partagés, plus de jeux. Je crois que mes parents ne se sont jamais rendu compte de l’impact que ça avait sur moi. Du haut de mes 5 ans, j’ai dû apprendre à me débrouiller seule. Et avec ça, les pleurs et la honte. »

« Jamais je n’ai manqué d’amour »

« Ils buvaient parce qu’ils allaient mal. La vie leur pesait trop. Ils perdaient le contrôle et ça les a anéantis. Mes parents, mes modèles étaient en train de mourir sous mes yeux et je ne pouvais rien faire.
La Zone d’expression prioritaire (Zep) élabore ces récits avec des jeunes de 14 à 30 ans, lors d’ateliers d’écriture encadrés par des journalistes. Ces témoignages sont ensuite publiés par des médias. Ouest-France a choisi d’être l’un d’eux. Tous les mois, dans le journal et sur ouest-france.fr, on peut lire ces récits de vie, comme celui de Lisa, 24 ans. « D’abord, il a pris l’homme de ma vie, mon père. Le plus beau, le plus fort, le plus courageux. C’était un battant qui donnait tout pour sa famille… Puis ça a été à son tour à elle, ma mère, ma meilleure amie, mon pilier dans ce bateau à moitié cassé. L’amour était bien présent, intense, mais l’alcool écourtait ces jolis moments. Plus de discussions, plus de belles tablées et de repas partagés, plus de jeux. Je crois que mes parents ne se sont jamais rendu compte de l’impact que ça avait sur moi. Du haut de mes 5 ans, j’ai dû apprendre à me débrouiller seule. Et avec ça, les pleurs et la honte. »

« Jamais je n’ai manqué d’amour »

« Ils buvaient parce qu’ils allaient mal. La vie leur pesait trop. Ils perdaient le contrôle et ça les a anéantis. Mes parents, mes modèles étaient en train de mourir sous mes yeux et je ne pouvais rien faire. Moi dans tout ça, j’ai grandi beaucoup plus vite que prévu. Mes yeux d’enfant voyaient et comprenaient des choses que trop peu de gens arrivent à voir. Très vite, ça a créé une solitude extrême, je n’arrivais plus à m’intégrer. Je n’étais plus si innocente, insouciante… De l’autre côté de ce cauchemar, jamais je n’ai manqué d’amour car ça, c’était une chose que l’alcool n’a jamais réussi à leur enlever, leur douceur et leur chaleur. Mais le 4 avril 2012 alors que je n’avais que 10 ans moi, tout a basculé. Mon père a décidé qu’il était temps de lâcher prise et de se libérer de tout ce qui était trop lourd pour lui. Mes deux frères, ma mère et moi sommes devenus une famille endeuillée. »

« Me voilà sans repère, sans mon cher papa »

« Il nous a laissés, dix jours après papy. Ma mère a sombré plus profondément. Son papa et ensuite son cher mari. Elle n’a pas su tenir. Elle n’a pas su relever la tête et voir que nous trois nous étions là. Alors avec mes frères, nous sommes partis vivre en foyer. Les quatre années loin d’elle ont été dures. Puis ça a été à son tour d’être malade. Avec mon petit frère, on a pu rentrer à la maison auprès d’elle. Ce foyer instable parfois, mais rassurant. Je voulais juste être avec elle, qu’importe ce que ça me coûtait. L’alcool était toujours là, d’abord bien caché, discret mais on le sentait, il faisait partie de la maison. Il s’invitait à table, et il prenait la maladie par la main. Tout s’accélérait. Il était constamment là. Il prenait toute la place, cet alcool, parfois fort, parfois moins fort. »

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