« Mon alcoolisme était lié à mes études » : en études de santé, la consommation d’alcool reste problématique

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La consommation d'alcool chez les étudiants en santé inquiète : un sur six ont une consommation d'alcool à risque probable. Et les études semblent jouer un rôle dans ce phénomène. Syndicats, associations et facultés se penchent de plus en plus sur cet enjeu.

« J’ai commencé à boire en arrivant en Pass  . Maintenant que j’y pense, mes années d’études sont marquées par l’alcool », annonce sans détour Nina*, 22 ans. C’est seulement lorsqu’on lui pose la question que l’externe en troisième année de médecine à Nantes (44) constate que, chaque mois ou presque, « il y a une soirée où j’ai des trous noirs à cause de l’alcool ». Une consommation que l’on peut considérer comme abusive. Et Nina n’est pas la seule : selon l’enquête nationale sur la santé mentale des étudiants en médecine publiée en 2024 par les syndicats étudiants16% d’entre eux ont une consommation excessive ou à risque probable. 

Un phénomène connu

Deux ans plus tard, l’Anemf s’apprête à publier son baromètre de la vie étudiante pour l’année 2026. « À travers cette enquête, nous avons pu avoir les réponses de 7.000 étudiants. 70% d’entre eux répondent consommer régulièrement de l’alcool, indique François Coquard, en charge de la qualité de la vie étudiante au sein de l’association. Et parmi cette part, plus de la moitié, près de 60%, ont un usage à risque de l’alcool. » Parce que les études nationales prennent en compte ce sujet depuis peu de temps, il est difficile de savoir si la consommation d’alcool évolue avec les générations de futurs soignants. « Ce phénomène existait avant que j’entre en fac de médecine. Je l’ai constaté durant mes études et, 20 ans après, j’y suis toujours confronté en tant que doyen », constate Stéphane Zuily, à la tête de la faculté de médecine de Nancy (54).

« Tout t’encourage à boire dans ses soirées »

S’il est certain que les problématiques de consommation d’alcool ne touchent pas seulement les étudiants en filière de santé (MMOPK  ), « certaines spécificités de ces études expliquent en partie ce phénomène », souligne François Coquard. L’élu de l’Anemf pointe notamment les nombreuses soirées étudiantes qui rythment les premières années d’études : « Dès la deuxième année, il y a les soirées d’intégration, et c’est sans compter les soirées de chaque filière pour divers évènements de l’année ».   Nicolas, en quatrième année d’orthodontie dans le Nord, indique ne boire qu’en soirée. « Je ne compte pas mes verres. Entre les pintes, les cocktails et les shots, je dois boire plus de 15 verres par soirée. » Il évoque une forme de mimétisme. « Tout t’encourage à boire dans ses soirées : les jeux d’alcool, l’ambiance et jusqu’aux prix des consommations qui défient toutes concurrence. » En savoir plus : www.letudiant.fr.

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