Un membre du comité scientifique temporaire sur le cannabis médical a présenté au congrès de l’Albatros ses arguments en faveur de la légalisation du cannabis thérapeutique.
Un congrès comme l’Albatros est habituellement le lieu où l’on discute des meilleures méthodes pour aider les patients à stopper ou limiter leur consommation de stupéfiants. C’est pourtant cette grande messe de l’addictologie française que les partisans de la légalisation du cannabis thérapeutique et notamment le Dr René Maarek, membre du comité scientifique temporaire (CST) de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) chargé d’évaluer l’efficacité du cannabis thérapeutique, ont choisi pour défendre la cause du cannabis médical.
Cinq ans après le lancement d’une expérimentation à grande échelle (environ 3 000 patients inclus), la France n’a toujours pas fait son choix quant à la légalisation du cannabis thérapeutique. En décembre dernier,
la Haute Autorité de Santé (HAS) a repoussé sine die son évaluation de l’intérêt thérapeutique du cannabis. Dans le reste de l’Union Européenne, 21 pays ont déjà autorisé l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques.
C’est notamment le cas en Allemagne, où le cannabis thérapeutique est autorisé depuis 2017 et où les règles ont été considérablement assouplies en 2024. Outre-Rhin, il n’existe pas d’indications officielles pour le cannabis médical mais de simples recommandations. Comme l’a précisé Dr Alexander Daske (Mannheim, Allemagne), les médecins allemands prescrivent du cannabis médical en cas de douleurs chroniques réfractaires, de spasticité, de nausées, pour traiter les effets secondaires d’une chimiothérapie (vomissements et perte d’appétit) ou dans certaines formes d’épilepsie.
S’inspirer du modèle allemand
Des données récentes mais non encore totalement consolidées laissent également penser à un effet bénéfique du cannabis médical dans certaines pathologies psychiatriques comme le TDAH ou les troubles anxieux. Le THC serait davantage utilisé dans le traitement de la douleur ou des effets secondaires de la chimiothérapie tandis que le CBD serait privilégié dans celui de l’épilepsie ou des troubles anxieux.
Dans la plupart des cas où un médecin allemand prescrit du cannabis à l’un de ses patients, ce dernier le prendra sous la forme d’une préparation magistrale réalisée par le pharmacien. Chaque pharmacie qui souhaite fournir du cannabis à ses patients doit donc se doter d’un laboratoire et de machines pour la préparation des substances et pour le contrôle de la teneur en phytocannabinoïdes. Les dosages doivent être adaptés à chaque patient selon son âge, son sexe (le système hormonal joue sur les effets des phytocannabinoïdes), sa fonction rénale et son expérience avec le cannabis.
En savoir plus :
www.jim.fr.
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