Prévenir le risque d’addiction en améliorant son sommeil

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Les 5 conseils du Pr Pierre-Alexis Geoffroy, psychiatre médecin expert du sommeil, auteur du livre "la nuit vous appartient" aux éditions Robert Laffont.

Et si la clé de notre liberté résidait dans nos nuits ? On croit souvent que les troubles du sommeil sont une conséquence des addictions, c’est en partie vrai, mais la science nous montre aujourd’hui qu’ils en sont aussi une cause majeure.

Face à une société qui pousse à la productivité, à la réduction du temps de repos, sanctifier son sommeil est un véritable acte militant pour protéger sa santé physique et mentale, comme sa liberté.

Une étude de l’American journal of Medicine (2026) pointe des faits sans appel ! Après le tabac, le manque de sommeil arrive en 2ème position des facteurs de surmortalité, avant la sédentarité, l’alimentation, l’accès à un système de santé…

Pour une bonne santé mentale et physique, pour renforcer notre immunité (dormir moins de 5h divise par 4 la réponse vaccinale) et réarmer notre cerveau contre les dépendances, le sommeil est notre meilleure arme de prévention.

Pour nous aider à reprendre le contrôle sur notre sommeil, voici les 5 conseils simples, mais essentiels, du Pr Pierre Alexis Geoffroy, psychiatre, médecin expert du sommeil, et auteur du livre « La nuit vous appartient » aux éditions Robert Laffont.

1. S’exposer à la lumière du jour, de multiples bienfaits

Selon les données de l’INSV 2026, 71 % des Français passent moins d’une heure par jour à l’extérieur en semaine. Et pourtant s’exposer à la lumière naturelle, et ce, dès le matin est indispensable pour caler notre horloge biologiqueréguler la sécrétion de mélatonine (molécule naturelle dérivée du tryptophane, dont le rôle est de servir de relai entre la rythmicité jour/nuit et notre corps. Marqueur circadien : concentration élevée pendant la nuit et basse pendant la journée), bloquer l’anxiété, ou les envies de consommation en fin de journée.

2. Garder sa chambre à une température fraiche, dans une ambiance de noir complet

Lors des fortes chaleurs, 81 % des Français voient leur sommeil perturbé. Au-delà de 21°C dans la chambre, le temps d’endormissement s’allonge fortement (à 46mn contre 31 en temps normal). Le fait de maintenir une température entre 18°C et 20°C participe à aider le corps à basculer en sommeil profond. De plus, dormir la nuit dans une pièce avec même une faible lumière artificielle a pour effet de fragmenter le sommeil et de bloquer la sécrétion de la fameuse mélatonine. Privilégier le noire complet est fortement conseillé.

3. Pas de stimulations numériques : écrans éteints et notifications coupées

Près d’un quart des Français (25 %) déclarent être réveillés la nuit par les notifications de leur smartphone. Bannir les écrans de son lit afin d’éviter la stimulation visuelle et cognitive tardive est un conseil à suivre aussi souvent que possible.

4. La micro-sieste, oui, mais maîtrisée !

Lors de ce que l’on nomme une « dette de sommeil accumulée », l’idéal est de s’accorder une micro-sieste, mais attention de façon stratégique : durée entre 10 à 15 m maximum. Au-delà, la « pression de sommeil » est entamée et risque de gâcher la nuit suivante, initiant ainsi un nouveau décalage, et une boucle non vertueuse.

5. Les 3 piliers du sommeil, une ligne de conduite salvatrice

  • Durée : il est essentiel d’être à l’écoute son besoin personnel (petit ou grand dormeur à chacun son curseur, mais une fois identifié le mieux est de le respecter).
  • Régularité : Le maintien d’horaires de lever et de coucher stables (avec un décalage maximal d’1h30 le week-end pour éviter le « jet-lag » social) est fortement conseillé.
  • Qualité : un indicateur simple au réveil peut vous aider à estimer la qualité de votre sommeil : « Est-ce que je me sens reposé et rafraîchi ? ». Si la réponse est négative de manière chronique, voici un marqueur à prendre en compte car il pointe une mauvaise qualité de sommeil. Dans ce cas-là consulter un professionnel de santé est un bon réflexe.

Un curseur : « Est-ce que je me sens reposé après ma nuit ? A-t-elle été rafraîchissante ? » Oui = une bonne santé physique et mentale. Non = marqueur important de mauvaise qualité du sommeil qui invite à aller consulter un médecin (généraliste, expert du sommeil).

Prendre soin de ses nuits, ce n’est pas paresser, c’est protéger son cerveau et retrouver sa liberté.

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