Lorsque je discute avec mon fils, élève ingénieur, et qu’une question ou un désaccord surgit, son premier réflexe est de se tourner vers ChatGPT pour obtenir une information ou confirmer ce qu’il pense.
Il est loin d’être le seul. L’usage des outils d’IA générative s’est généralisé dans de nombreux groupes de population. Pour beaucoup, ces outils sont divertissants, instructifs et utiles. Mais ils ont aussi leur face sombre.
À ce jour, l’IA générative n’est pas officiellement reconnue comme une addiction : les preuves médicales sont encore en cours d’évaluation. Mais un nombre important d’études montre qu’un usage intensif des chatbots et d’autres systèmes capables de produire du texte, des images ou des vidéos entraîne des modifications de l’activité cérébrale et des comportements associés aux mécanismes de l’addiction.
À la lumière de la condamnation récente de Meta et de YouTube dans un procès historique portant sur l’addiction aux réseaux sociaux, il est légitime de se demander si un raisonnement similaire ne devrait pas s’appliquer à l’IA générative – et comment y répondre. La première étape consiste à déterminer qui porte la responsabilité de son usage excessif.
Le débat scientifique est loin d’être tranché et certains appellent à la prudence avant d’employer le terme d’« addiction ». Ils préfèrent parler d’« usage problématique ». Toutefois,
dans un récent article scientifique, notre équipe de recherche montre que de nombreux éléments indiquent que l’IA générative possède des propriétés susceptibles de favoriser des comportements addictifs.
Parmi les exemples les plus souvent cités figurent la dépendance affective envers des compagnons conversationnels, l’engagement compulsif dans les échanges avec ces outils, ainsi que l’affaiblissement des relations et des amitiés dans le monde réel.
Un élément essentiel est que, comme pour toute addiction, ce comportement entraîne des conséquences négatives pour la personne concernée, susceptibles d’affecter aussi bien sa vie personnelle que sa vie professionnelle.
Si l’on considère que l’IA générative est susceptible de provoquer des comportements addictifs, il faut alors s’interroger sur les responsabilités. Face à un phénomène préjudiciable, les sociétés cherchent généralement à identifier les personnes ou les organisations chargées d’y répondre. Les acteurs susceptibles d’être tenus responsables sont notamment les législateurs, les autorités de régulation, les entreprises du secteur et les systèmes de santé.
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