Aux USA, des espaces sobres organisés autour du sport, de la musique ou du café aident des milliers d’anciens toxicomanes à ne pas rechuter

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Leur objectif est de soutenir les personnes qui souhaitent sortir de la dépendance, en leur proposant un espace pour tisser des liens.

Pendant des décennies, la lutte contre l’addiction aux États-Unis a oscillé entre approche clinique et cheminement spirituel. Des soins médicaux souvent ponctuels étaient proposés, à côté de programmes en douze étapes centrés sur une puissance supérieure et l’abstinence totale. Aujourd’hui, un autre modèle a le vent en poupe : des espaces sobres organisés autour du sport, de la musique, de la méditation ou du café.

Un modèle en plein essor

Le concept n’est pas entièrement neuf, mais il connaît une véritable renaissance, selon John Kelly, directeur du Recovery Research Institute, un centre de recherche spécialisé dans l’amélioration des traitements de la dépendance. Outre-Atlantique, le réseau Recovery Café, qui propose gratuitement des repas chauds et du café, est ainsi passé de vingt-et-un cafés en 2020 à quatre-vingt-douze en 2025. Les nouvelles inscriptions au Phoenix ont, elles aussi, bondi: de 20.000 à plus de 433.000 sur la même période. Ces espaces sans alcool ni drogue ne remplacent pas les traitements classiques. L’approche s’appuie cependant sur un constat documenté: la solitude et certains environnements familiers peuvent augmenter le risque de rechute, tandis que le lien social aide à tenir.

Remplacer les rituels de l’addiction

Ces lieux atypiques ont chacun leur propre esthétique, de l’entrepôt dépouillé où ont été érigés des murs d’escalade, à Boston, au café de quartier avec buffet à volonté, à Seattle. Généralement gratuits, ces espaces exigent une sobriété fondée sur la confiance plutôt que sur un test de dépistage. Ces lieux fonctionnent mieux lorsqu’ils transforment l’attention et le sentiment d’appartenance en gestes du quotidien: se souvenir d’un prénom, prendre des nouvelles, montrer que la personne est la bienvenue. «La guérison n’est pas imposée, résume Dina Gonsalves-Perez, membre de l’équipe du Phoenix et elle-même en rétablissement d’une addiction à l’héroïne. Mais vous n’êtes jamais seul.» En savoir plus : www.slate.fr.

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