L’addiction des femmes, un enjeu de santé publique, autant qu’humain ! Pendant des siècles – XVIIIᵉ et XIXᵉ -, la consommation de substances chez les femmes est restée un tabou absolu, associée à des figures « dépravées », ou en grande détresse sociale.
La consommation féminine était alors souvent cachée en raison de la honte, de la culpabilité, avec une image de la femme (pureté, maternité, féminité) en contraste avec celle « négative » des addictions.
Les années 1950 changent la donne avec une visibilité accrue de la consommation féminine, surtout du tabac (prévalence du tabagisme quotidien en 2023 : 20,9% chez les femmes1), perçu comme un signe d’émancipation.
Les mouvements hippies des années 60-70 y contribuent aussi, normalisant davantage ces usages chez les femmes.
Mais, il faut attendre les années 2000 pour que les études sur les addictions intègrent enfin le genre. Avant, tout se focalisait sur les hommes !
Dépistage précoce, prévention adaptée aux femmes : des lacunes majeures persistent !
Outre le tabac, les substances psychoactives (psychotropes, alcool, cannabis, cocaïne, protoxyde d’azote…) sont peu abordées en médecine générale ou en gynécologie-obstétrique.
Quand un problème est repéré, généralistes et gynécologues ne proposent pas assez une prise en charge et orientent peu.
Des idées reçues tenaces survivent : « Un verre d’alcool de temps en temps durant la grossesse, ce n’est pas grave », « Mieux vaut fumer qu’être stressée ».
Quant au SAF (syndrome d’alcoolisation fœtale), il n’est toujours pas envisagé comme grande cause nationale, malgré les risques majeurs pour le fœtus.
Le tabac tend à diminuer chez toutes les catégories de la population, sauf chez les femmes les plus âgées.
« De manière générale, il s’avère nécessaire de créer une spécialité « Santé des femmes », et non seulement sous le prisme de la périnatalité. En effet, les femmes présentent des spécificités en matière de santé et notamment face aux addictions et aux troubles psychiatriques », précise le Dr Sarah Coscas, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul Brousse (AP-HP) de Villejuif.
1 Santé publique France, 2024.
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