Handicap mental et addictions : mieux comprendre les besoins pour adapter la prévention

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La première phase du projet « Déficiences intellectuelles & Addictions », centrée sur le diagnostic, vient d’être finalisée avec la publication d’un rapport de synthèse.

Ce projet, lancé en septembre 2021 et porté par Addictions France dans la région Grand Est, s’intéresse à une problématique encore peu explorée : la consommation de substances et les conduites addictives chez les personnes en situation de handicap mental. Expérimenté dans quatre départements (Aube, Meurthe-et-Moselle, Meuse et Vosges), ce projet vise à identifier les besoins, les freins et les leviers pour améliorer la prévention et l’accès aux soins pour ce public.

Comprendre le handicap mental

Le handicap mental, aussi appelé déficience intellectuelle, désigne une limitation durable des capacités intellectuelles, qui impacte significativement l’autonomie et la vie sociale de la personne. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il se caractérise par un développement cognitif inférieur à la moyenne et une capacité d’apprentissage réduite. Le niveau de déficience est évalué à l’aide du quotient intellectuel (QI) et peut être léger, moyen, grave ou profond. Ce handicap peut avoir des origines diverses, qu’elles soient congénitales ou liées à des troubles du développement. Il engendre des difficultés dans des domaines variés : compréhension, mémoire, communication, lecture, écriture, calcul, attention ou encore orientation dans l’espace et le temps. L’intensité de ces troubles diffère selon les individus.

Un enjeu de santé publique encore insuffisamment exploré

La question des conduites addictives chez les personnes vivant avec un handicap mental reste peu documentée, bien qu’elle constitue un véritable enjeu de santé publique. Ces personnes sont particulièrement vulnérables face aux risques liés à l’usage de substances ou aux comportements addictifs, en raison de difficultés à appréhender les conséquences de la consommation de produit, d’un moindre contrôle de leur consommation et d’une recherche d’intégration sociale ou de soulagement de la souffrance. L’Inserm a déjà souligné les nombreuses inégalités d’accès aux soins auxquelles ce public est confronté : dispositifs inadaptés, accompagnement insuffisant, manque de formation des professionnels. Les limitations en matière de mobilité, de communication ou de compréhension renforcent encore les obstacles. Le comité interministériel du handicap, dans son rapport de 2017, rappelle que la morbidité et la mortalité sont plus élevées chez ces personnes, notamment avec l’avancée en âge, et appelle à mettre en place des actions de prévention ciblées dès le plus jeune âge. Lors des États généraux de la déficience intellectuelle de 2018, l’importance de campagnes de prévention en langage FALC (Facile à lire et à comprendre) a été particulièrement soulignée. Consulter le rapport de synthèse : Handicap-et-Addictions-Diagnostic-2025.pdf En savoir plus : www.addictions-france.org.

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