« La grossesse, une formidable opportunité pour initier des changements majeurs concernant ses consommations. »

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Emmanuelle Pichot-Charron, sage-femme au sein de l’équipe E.L.S.A. (Équipe de liaison et de soins en addictologie) à la maternité de l’hôpital Bicêtre (AP-HP).

Emmanuelle Pichot-Charron, sage-femme au sein de l’équipe E.L.S.A. (Équipe de liaison et de soins en addictologie) à la maternité de l’hôpital Bicêtre

« L’entrée dans un parcours de soin addictologique est une véritable chance pour la mère, l’enfant, la famille. Il offre la possibilité d’une meilleure vie avec un soin bienveillant et non-jugeant ». Des mots forts qui ouvrent le témoignage d’Emmanuelle Pichot-Charron, sage-femme au sein de l’équipe E.L.S.A. (Équipe de liaison et de soins en addictologie) à la maternité de l’hôpital Bicêtre – qui travaille en collaboration avec la Dre Sarah Coscas, psychiatre addictologue référente en périnatalité.

« On m’oriente des patientes souffrant d’addictions (souvent de tabac), ou dont on pense qu’elles ont des consommations problématiques ». Un auto-questionnaire remis à l’accueil (exsangue du dossier médical) permet d’évaluer les consommations (tous types) de la patiente. « J’ouvre ensuite le dialogue avec elle lors d’un entretien approfondi (1h) qui permet d’explorer, sans jugement, les habitudes de vie, les antécédents, les consommations. » L’objectif est de mieux comprendre la réalité des usages pour adapter le suivi médical, prévenir les risques.

Un sujet souvent complexe à aborder par les patientes :

Honte, culpabilité, peur du jugement restent très présentes. Certaines patientes craignent aussi la stigmatisation, et selon les situations, une alerte aux services de protection de l’enfance. Résultat : les consommations peuvent être minimisées, cachées.

Quelles substances psychoactives consommées durant la grossesse ?

Selon une recherche clinique, réalisée en 2024, auprès de 53 femmes consommatrices de tabac en parcours périnatal (auto-questionnaire anonyme au 8ᵉ mois de grossesse) : -28 % fumaient avant la grossesse, parmi elles 20% consommaient aussi de l’alcool et/ou du cannabis, et 13% des médicaments antidouleurs. -35,7 % avaient arrêté après la découverte de la grossesse et 7,14 % au 3ème trimestre. Ces résultats sont concordants avec ceux de l’enquête nationale périnatale de 2021 : 27,1% de femmes fumeuses avant la grossesse et 12.2% qui fument encore au 3ᵉ trimestre.

Un accompagnement pluridisciplinaire adapté selon les usages :

-Sevrage tabagique (substituts nicotiniques), avec suivi rapproché. -Orientation vers une prise en charge spécialisée pour les autres substances psychoactives. -Collaboration étroite avec les psychiatres addictologues, psychologues, pédopsychiatres, psychiatres, pédiatres et assistantes sociales. -Adaptation du suivi obstétrical et pédiatrique. Une conviction reste forte : derrière chaque consommation, il y a une histoire de vie, derrière chaque histoire de vie, une possibilité de changement. Muriel Gutierrez Amande épicée

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