Il est souvent question du mal du siècle lorsque les douleurs de dos sont évoquées. Cette pathologie représente chaque année quatre à cinq millions de consultations médicales. Est-ce inévitable ? Quelles sont les causes ? Comment atténuer les douleurs ? Et comment prévenir le mal de dos ? Autant de questions posées au docteur Charlotte Pauwels, médecin de rééducation à l’hôpital Albert-Chenevier à Créteil. Un rendez-vous en partenariat avec l’AP-HP.
Tout le monde a-t-il, ou aura-t-il, un jour mal au dos ?
Charlotte Pauwels : 80% des personnes auront au moins une fois mal au dos dans leur vie. Heureusement, il s’agit souvent d’un épisode très court, après lequel les personnes reprennent une vie normale. Mais c’est effectivement le mal du siècle.
Les douleurs les plus fréquentes du dos sont-elles les sciatiques et les lombalgies ? Est-ce le bas du dos la zone la plus touchée ?
Le plus courant est la lombalgie, c’est-à-dire les douleurs au niveau lombaire, puisque c’est une zone particulièrement contraignante sur le plan biomécanique, que l’on soit assis ou debout. Comme pour d’autres articulations, telles que les genoux ou les hanches, c’est aussi à cet endroit que va se développer progressivement de l’arthrose, ce qui favorise ce mal de dos en vieillissant.
À quoi est-ce dû ? Est-ce lié à notre mode de vie sédentaire, au fait que nous soyons penchés sur nos téléphones toute la journée, ou au contraire à des métiers très physiques ?
C’est plutôt lié à la sédentarité. Le premier traitement de la lombalgie, c’est l’activité physique, quelle qu’elle soit. Rester assis devant un bureau toute la journée n’est pas bon pour le dos.
« Même en cas de lumbago, c’est-à-dire une douleur brutale et invalidante, où l’on ne peut plus bouger et où l’on est complètement bloqué, il faut essayer de bouger, dans les limites de la douleur. » Charlotte Pauwels, médecin de rééducation à l’hôpital Albert-Chenevier à Créteil
Nous ne disons surtout pas aux patients d’arrêter de bouger et de rester alités jusqu’à ce que cela passe. C’est même ce qui risque d’aggraver la douleur. Il faut au contraire essayer de se mobiliser un minimum, puis progressivement, l’épisode finit par passer.
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