Quand vous pariez, ce sont les opérateurs qui gagnent ! Derrière les slogans vibrants et l’adrénaline des paris sportifs se cache une réalité bien plus sombre que les opérateurs tentent de masquer. Myriam Savy, directrice du plaidoyer chez Addictions France interpelle face à un phénomène finalement encore hors de contrôle. Les enjeux liés au marketing des opérateurs c’est avant tout une guerre…
Myriam Savy, directrice de la communication, animation associative et plaidoyer chez Addictions France
Myriam Savy, directrice de la communication, animation associative et plaidoyer chez Addictions France
Quand vous pariez, ce sont les opérateurs qui gagnent ! Derrière les slogans vibrants et l’adrénaline des paris sportifs se cache une réalité bien plus sombre que les opérateurs tentent de masquer. Myriam Savy, directrice du plaidoyer chez Addictions France interpelle face à un phénomène finalement encore hors de contrôle.
Les enjeux liés au marketing des opérateurs c’est avant tout une guerre de parts de marché à coups de millions d’euros. Rappelons qu’en 2026, les investissements promotionnels vont atteindre le chiffre record de 785 millions d’euros (+25% comparé à 2025), boostés notamment par la Coupe du monde de football. Un marketing devenu plus agressif que celui de l’alcool, qui banalise un produit qui présente pourtant de graves risques d’addiction.
Les hommes âgés de moins de 35 ans (près de 75% des joueurs), avec une attention particulière pour les jeunes des quartiers plus populaires. Mais la véritable dérive touche les mineurs (même si la vente leur est interdite), massivement exposés à ces publicités (stades, télé, réseaux sociaux) dès le plus jeune âge.
Les opérateurs ont réussi à rendre le pari indissociable du sport : « Et le sport se vit plus fort », « Quand on est joueur, on joue », « No bet, no game ».
-Les gratifications financières : 50% des budgets publicitaires passent dans les bonus et « free bets » (paris gratuits) pour installer l’habitude de jouer.
-Le sponsoring et les influenceurs : partenariats avec des équipes majeures ou des influenceurs (Mohamed Henni…) qui agissent comme des « experts » auprès des jeunes.
63 % du produit brut des jeux provient de joueurs en situation d’addiction ou de perte de contrôle. “La loi de 2010 est insuffisante” insiste Myriam Savy, l’Autorité Nationale des Jeux privilégie trop l’accompagnement des opérateurs au détriment des sanctions (une seule campagne Winamax sanctionnée à ce jour).
L’association Addictions France milite activement pour l’adoption d’une « Loi Évin » adaptée aux jeux d’argent visant à :
-interdire la publicité sur les supports prisés par les jeunes (TV, réseaux sociaux),
-supprimer les bonus incitatifs et le sponsoring,
-accorder le droit d’agir en justice aux associations pour faire respecter la loi.
Pendant la Coupe du monde de football 2026, Addictions France diffuse une campagne de contre-communication, dans les transports et sur le web, pour dénoncer l’omniprésence du marketing des paris sportifs et ses conséquences néfastes sur la population. Dans un contexte où les incitations à parier sont partout, à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans l’espace public, Addictions France alerte sur l’urgence de protéger les publics.
Car pour des milliers de personnes, la réalité des paris sportifs n’est pas un jeu, mais une descente aux enfers !
Sources :
Informations, parcours d’évaluations, bonnes pratiques, FAQ, annuaires, ressources, actualités...