C’est une avancée majeure dans la lutte contre le cancer le plus meurtrier de France. Le ministère de la Santé vient de lancer Impulsion, un programme pilote de dépistage précoce du cancer du poumon. Il a pour but de détecter le plus tôt possible d’éventuels malades parmi un panel de 20 000 fumeurs ou ex-fumeurs âgés de 50 à 74 ans. Cinq régions participent à cette première phase : l’Île-de-France, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Auvergne-Rhône-Alpes.
Le programme s’adresse aux personnes âgées de 50 à 74 ans, fumeuses ou ayant arrêté de fumer depuis moins de 15 ans, et ayant fumé l’équivalent d’un paquet par jour pendant vingt ans ou toute combinaison équivalente.
“Un demi-paquet pendant quarante ans, deux paquets pendant dix ans… c’est difficile à calculer soi-même”, reconnaît le Pr Couraud.
J’invite donc les personnes concernées à appeler le 34 33, numéro national gratuit, ou à se rendre sur depistage-cancer-poumon.fr s’ils sont éligibles”.
Une fois inscrit, le parcours est simple : “
On rencontre d’abord un médecin pour une consultation. Il donne ensuite une ordonnance pour faire un scanner thoracique à faible dose. À noter que cet examen est entièrement remboursé par l’Assurance Maladie, sans reste à charge, et ne dure que quelques minutes”.
Si le résultat est normal, un second scanner sera réalisé un an plus tard, puis tous les deux ans. En cas d’anomalie, ce qui ne signifie pas automatiquement un cancer, un suivi rapproché sera mis en place et, si nécessaire, une prise en charge oncologique spécialisée.
Les chiffres donnent le vertige. “
Chaque année en France, le cancer du poumon est diagnostiqué chez quelque 53 000 personnes, soit l’équivalent d’un Airbus A320 par jour, et emporte près de 31 000 vies, autant qu’une rame de TER quotidienne, déplore le Professeur Sébastien Couraud, chef du service de pneumologie et oncologie thoracique à l’hôpital Lyon Sud et l’un des porteurs du programme.
Causé dans huit cas sur dix par le tabac, il reste la tumeur maligne la plus fatale du pays, stable chez les hommes mais en forte progression chez les femmes”.
Le problème central : la maladie est aujourd’hui détectée beaucoup trop tard. “
Dans l’immense majorité des cas, au stade 4, c’est-à-dire au stade métastatique”, précise le Professeur Couraud.
À ce stade avancé, les traitements peinent à faire la différence, d’où l’importance d’un diagnostic précoce”. En revanche, si le cancer est détectée aux stades 1 et 2, la maladie devient bien plus accessible à une chirurgie curative. Selon une étude publiée dans
The Lancet, un dépistage précoce à grande échelle pourrait éviter jusqu’à 13 000 décès en 5 ans.
En savoir plus :
www.france3-regions.fr.
Aller plus loin sur l’espace Tabac
Informations, parcours d’évaluations, bonnes pratiques, FAQ, annuaires, ressources, actualités...
Découvrir