Usages numériques et santé de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte : enjeux métrologiques, mécanismes physiopathologiques et stratégies de prévention

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Cette revue de la littérature liste les enjeux des métriques et les mécanismes physiopathologiques à l'œuvre chez les jeunes quant à leurs usages des écrans.

Ce rapport, rédigé par le Dr Alexandre Caron, médecin de santé publique et directeur médical de Cemka (bureau d’étude en santé) et Laure Bezannier, consultante Santé Publique de Cemka, est le fruit d’une revue exhaustive de la littérature publiée entre 2015 et 2025. Il a été réalisé à la demande de l’OFDT, qui s’interroge sur la manière de mesurer les risques liés aux pratiques d’écrans dans ses enquêtes chez les adolescents et les jeunes adultes. Avant tout, le rapport souligne les limites de l’outil de mesure historiquement employé : le fameux « temps d’écran ». Prenant en compte de nouveaux critères liés au contexte et au contenu, il fait le bilan des conséquences sur la santé des jeunes et propose des pistes pour les protéger des effets parfois délétères (mais pas uniquement) des écrans.

La durée d’exposition, un critère devenu insuffisant

Comme l’indiquent les auteurs, les mesures déclaratives du temps d’écran sont très imprécises, et de nouveaux usages, fluides et complexes, passent sous les radars. Des outils récents permettent d’évaluer plus finement ces nouveaux usages, depuis les dizaines de déverrouillages par jour (qui peuvent témoigner d’un état d’hypervigilance) aux basculements incessants d’une application à une autre (caractéristiques de la fragmentation de l’attention). Il s’agit par exemple des screenomics, par lesquels un logiciel capture une image de l’écran à intervalles très rapprochés, permettant de repérer le switching, ce passage récurrent d’un contexte à un autre ; ou encore de l’EMA (ecological momentary assessment) qui évalue l’état émotionnel d’une personne, directement sur son smartphone, plusieurs fois par jour.

Des conséquences liées à bien plus que le simple temps d’écran

La toxicité potentielle des usages d’écrans est précisée grâce à ces outils. Ainsi, s’il existe une association significative entre le temps d’écran et la dépression, la taille de cet effet demeure modeste. En revanche, une exposition répondant à des critères d’addiction comportementale (perte de contrôle, symptômes de sevrage…) est, elle, fortement corrélée au risque dépressif. De même, un nourrisson peut n’être pas exposé directement aux écrans, mais, face à un parent hyperconnecté, un ralentissement de l’acquisition du langage est possible, à cause de l’interruption de la relation et de l’attention conjointe entre parent et enfant (appelée « technoférence »). Les auteurs ont abordé sous cet angle d’autres aspects de la santé mentale (anxiété, risque suicidaire), le sommeil (en quantité et en qualité, notamment l’impact du « sommeil sentinelle »), la santé métabolique (obésité et risques cardiovasculaires), la neuro-cognition (développement cognitif, troubles de l’attention (TDAH), apprentissages), et la santé oculaire (qui va de pair avec une expansion mondiale des cas de myopie) et musculosquelettique (vieillissement accéléré du rachis du fait d’une flexion cervicale constante). En savoir plus : www.ofdt.fr.

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