Pr Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul Brousse (AP-HP) à Villejuif.
Pr Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (AP-HP)
Pr Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (AP-HP)
La pornographie chez l’adulte ne rend pas addict. Elle peut le devenir chez une personne présentant une vulnérabilité à l’addiction !
Notre expert, le Pr Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP), apporte des éclairages sur un sujet encore tabou et stigmatisé : l’usage problématique de la pornographie (UPP).
Pour mieux comprendre l’usage problématique, 3 clés :
L’addiction à la pornographie n’est pas un diagnostic officiel. On parle plutôt de trouble comportemental sexuel compulsif, dont la forme clinique est l’usage problématique de la pornographie (UPP). Un trouble souvent « polythématique » et défini par l’Organisation mondiale de la Santé (CIM-11).
L’addiction est d’abord sexuelle et globale (webcams, réseaux, achats de contenus…), la pornographie n’est qu’une facette de ce spectre.
2 outils concrets développés par le Pr Laurent Karila :
Les 5 C :Le questionnaire PEACCE :
Pour déterminer si sa conduite sexuelle est problématique, il est possible de s’autoévaluer grâce au questionnaire PEACCE (Pensées-Entourage-Aide-Conséquences-Contrôle-Emotions). Il suffit pour cela de répondre par oui ou non aux questions ci-après : 1) Trouvez-vous que vous êtes souvent préoccupé par des pensées sexuelles ? (Pensées) ; 2) Cachez-vous certains de vos comportements sexuels à votre entourage (partenaire de vie, famille, ami(e)s proches…) ? (Entourage) ; 3) Avez-vous déjà recherché de l’aide pour un comportement sexuel que vous n’appréciez pas de faire ? (Aide) ; 4) Est-ce que quelqu’un a déjà été heurté émotionnellement à cause de votre comportement sexuel ? (Conséquences) ; 5) Vous sentez-vous contrôlé par votre désir sexuel ? (Contrôle) ; 6) Vous sentez-vous triste après être passé à l’acte sexuellement (rapports sexuels, Internet, autres) ? (Émotions). Si plus de 3 réponses positives ont été obtenues, il est recommandé de consulter un professionnel.Sinon, utiliser les critères du trouble comportemental sexuel compulsif définis par la CIM-11 peut aider.
Cliniquement, l’UPP se traduit par une escalade quantitative et qualitative (recherche de genres plus stimulants), le porno-jumping (surf entre les onglets), le edging (retarder l’orgasme)… au détriment de relations sexuelles réelles avec un conjoint.
L’abstinence totale n’est pas visée, l’objectif est de restaurer un contrôle durable, de réduire les risques, de retrouver une sexualité choisie et épanouie.
La prise en charge : un véritable puzzle thérapeutique individualisé
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