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Covid-19 : isolement et conditions de travail favorisent les conduites addictives

Depuis le premier confinement instauré en mars dernier, l’isolement au travail, l’augmentation des objectifs en matière de performance ainsi que la charge de travail ont joué un rôle dans l’augmentation des consommations de substances psychoactives. C’est ce que montre l’enquête publiée ce jour par la MILDECA et ses partenaires.

Pour documenter l’évolution des consommations de substances psychoactives et les conditions de travail en période d’épidémie de Covid-19, la MILDECA et ses partenaires – ANSES, Anact, INRS, OFDT, Santé Publique France et le COCT 1 – ont commandité une enquête réalisée par Ipsos en septembre 2020 auprès d’environ 4 000 salariés et agents publics sur la période écoulée depuis le 1er confinement. Il éclaire sur l’évolution des conditions de travail, des consommations de substances psychoactives (tabac, cigarette électronique, alcool, cannabis, médicaments psychotropes) des travailleurs et permet d’envisager les mesures à favoriser pour améliorer la prévention en période de crise épidémique.

Stress, isolement, état de santé

Si plus des trois quarts des travailleurs (à distance ou sur site) portent un regard globalement positif sur la période écoulée, un nombre non négligeable d’entre eux déclare un stress accru, un sentiment d’isolement ou encore une dégradation de leur état de santé :

  • 31% des personnes interrogées ont ressenti un sentiment d’isolement par rapport à leurs collègues de travail ;
  • 34% ont ainsi vu leur niveau de stress augmenter par rapport à la période précédant le confinement (en particulier les personnes ayant vu leur charge de travail, leurs horaires, ou leurs objectifs de performance augmenter, les personnes souffrant d’isolement au travail) ;
  • 13% ont déclaré un état de santé dégradé (en particulier les agents de la fonction publique hospitalière, les travailleurs qui ont ressenti un sentiment d’isolement par rapport à leurs collègues de travail et ceux dont la charge de travail a été plus importante).

Être en télétravail ou en travail sur site influe peu sur l’aggravation de l’état de santé ou l’augmentation du stress.

Évolutions contrastées des consommations de substances psychoactives

La crise sanitaire s’est traduite par des évolutions de consommations de substances psychoactives à la hausse et à la baisse. Parmi les répondants qui déclarent leur consommation de substances psychoactives en hausse, 75% estiment que c’est en raison de leurs conditions de travail. Les facteurs liés à la baisse de consommation relèvent, eux, majoritairement de la vie privée :

  • Dans les 12 derniers mois (y compris la période de crise sanitaire) l’alcool est de loin la substance la plus consommée, rapportée par 65% des salariés et agents ;
  • Pendant le confinement, la consommation de tabac, de cigarette électronique et de médicaments psychotropes est en hausse : 30% ont augmenté leur consommation de tabac, 30% leur usage de cigarette électronique et 20 % leur consommation de médicaments psychotropes ;
  • La consommation globale d’alcool et de cannabis est en baisse : 18 % des travailleurs ont diminué leur fréquence de consommation ou arrêté l’alcool, 30 % pour le cannabis.
  • Les facteurs de hausse de consommation les plus cités sont le sentiment d’isolement par rapport aux collègues (31%), les évolutions des conditions d’emploi et de travail (29%) et la charge de travail (26%).
  • Les facteurs de baisse de consommations les plus cités sont la volonté de se maintenir en bonne santé (29%), la qualité du sommeil (28%), le poids (26%), le niveau ou la fréquence de l’activité physique (21%).

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