Si chacun a sa propre vision de l’engagement et du dévouement au travail, il arrive que cette perception dépasse l’entendement sans même que l’on ne s’en rende compte. C’est le signe d’une addiction au travail.
Répondre à des mails à 23 heures, emporter son ordinateur en week-end, jeter un œil à ses dossiers pendant les vacances… Pour beaucoup de salariés, ce scénario est devenu la norme. La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle s’estompe avec le télétravail et le téléphone toujours à portée de main.
Reste une question qui dérange : s’agit-il simplement d’un fort investissement dans son métier, ou d’une véritable addiction au travail qui met la santé en danger ? Le workaholisme a même été qualifié d’ »addiction de ce siècle ». Reconnaître les premiers signes permet de ne pas laisser la situation déraper en silence.
Addiction au travail ou simple passion : où est la limite ?
Les spécialistes décrivent le workaholisme comme une addiction comportementale. « Le workaholisme désigne un état dans lequel une personne éprouve une quasi-incapacité à cesser de travailler, même si cela nuit à son bien-être et à ses relations », indique le psychothérapeute Gary Trosclair pour Choosing Therapy tout en rappelant l’absence de véritable diagnostic. Le nombre d’heures passées au bureau n’est pas suffisant pour parler d’addiction ; ce qui compte, c’est la perte de contrôle, la souffrance et l’incapacité à décrocher.
Un « gros bosseur » peut faire des semaines intenses, mais il sait couper, profiter de sa famille, se reposer lorsque le projet est terminé. Le workaholic, lui, continue à travailler alors même qu’il voudrait s’arrêter ou que son entourage lui demande de lever le pied. Il ressent un vide, un manque ou une forte anxiété quand il ne travaille pas, et persiste malgré des tensions de couple, une fatigue extrême ou des alertes médicales. C’est ce basculement vers l’obligation intérieure qui fait la différence.
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