Sensibiliser, accompagner toutes les strates de l’entreprise, aider à regarder là où certains détournent le regard, à se poser les bonnes questions. Celui qui éclaire, là où les peurs, les idées reçues créent l’inaction. Celui qui ne pointe pas du doigt mais ouvre de nouveaux prismes de compréhension, déculpabilise, change les regards…

Les missions du patient expert addictions en milieu professionnel visent la prévention des conduites addictives, par des formations, des interventions de sensibilisation car comme l’explique Ariane Pommery – de Villeneuve, formatrice et patiente experte en addictologie, « le travail est souvent le dernier rempart avant l’exclusion. »

Hervé KERCRET, formateur et patient expert addictions, précise, évoquant son passé professionnel de Directeur export avec 160 jours de déplacements/an, des dîners professionnels, de l’isolement, une absence de cadre… : « Personne n’a pu voir la progression de ma conduite addictive avant qu’il ne soit trop tard. Face à ma maladie, ils m’ont demandé simplement de partir, d’être intervenant externe ».

Pour Ariane, alors juriste dans une association (désintérêt et manque de considération du management, solitude) : « Personne dans mon entreprise n’a réagi, mon responsable s’en détournait totalement ».

Et pourtant les signes étaient là, retards, endormissements, isolement… Ils sont depuis patients experts addictions, pour donner accès aux clés qu’on ne leur a pas données hier.

Ancien addict, le patient expert a pris du recul sur sa maladie, s’est formé en addictologie, et il œuvre à prévenir les conduites addictives au travail : accompagnement, sensibilisation, enseignement….

Des interventions en entreprises pour chaque public :
– Dirigeants, pour les accompagner dans l’impulsion qu’ils ont donnée à la prévention des conduites addictives dans leur entreprise,
-Management, pour les aider à détecter dans leurs équipes les signes d’un risque, comment en parler, prendre conscience des répercussions du silence, où trouver du soutien en interne, en externe…
-Collaborateurs, pour les amener à se questionner, libérer leurs paroles, ouvrir de nouveaux regards, les éclairer sur les outils et les aides qu’ils peuvent trouver.

« C’est un travail de déculpabilisation, de déconstruction des représentations. En cas de repérage d’un signe d’une conduite addictive au travail, il est important d’en parler, même si l’on pense cela inutile. Car on sème de petites graines, et le silence tue plus que les produits. C’est ce que j’aurais voulu pour moi, qu’un collègue me parle… » explique Ariane.

Hervé et Ariane pointent tous deux l’importance des groupes de paroles, soulignent l’utilité du forum Addict’AIDE, outil central au cœur de leurs interventions, lieu d’échanges et de partage où la parole se libère…

Muriel Gutierrez (Amande épicée)

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