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Alcool, cannabis, etc, au travail : pourquoi l’employeur doit agir

Ce n’est pas un hasard si la Mission interministérielle pour la lutte contre les drogues et les conduites addictives et le ministère du Travail ont lancé en novembre dernier addictaide.fr, un portail d’information destiné notamment aux chefs d’entreprise. Rappelons d’abord que l’’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) définit l’addiction comme « l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance des conséquences négatives ». Plusieurs études et parmi elles, celles de la « cohorte Constances » sur la consommation d’alcool, publiée en mai, mesurent régulièrement ces addictions, y compris en milieu professionnel.

Des chiffres sur l’alcool qui interpellent

  • Entre 10 et 20 % des accidents du travail sont dus à l’alcool
  • Six chefs d’entreprise sur 10 ont déjà été confrontés à la consommation excessive d’alcool chez leurs employés.
  • Les actifs fument moins que les chômeurs (30% contre 48%) et consomment beaucoup moins de cannabis (9% contre 16%). Mais ils boivent un peu plus que les sans emploi.
  • Le travail a globalement un effet protecteur contre l’alcoolisme, sauf dans certains milieux professionnels, comme l’agriculture, la construction ou la restauration.
  • Contrairement aux idées reçues, tous les secteurs d’activités et toutes les catégories socio-professionnelles – de l’ouvrier au cadre, hommes et femmes, jeunes et seniors – sont concernés.

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Revue de presse

ALCOOL / Sexe et alcool ne font pas bon ménage

r Philip Gorwood, psychiatre : "L'alcool a des effets que l'on ressent comme positifs, donc l'aspect facilitateur est attendu. Mais il n'en est rien. Au niveau mécanique, on observe une diminution linéaire de l'excitation sexuelle physiologique (rigidité pénienne, délai à l'éjaculation chez l'homme, flux sanguin et lubrification vaginale chez la femme) en fonction de l'alcoolémie. L'alcool à petite dose peut être qualifié de facilitateur de la sexualité (libido), mais cet effet est expliqué par un effet d'attente (aucune distinction avec le placebo). En effet, des sujets qui ont bu des boissons apparemment alcoolisées mais sans alcool avaient exactement le même effet apparemment bénéfique. L'effet d'attente est d'autant plus marqué que les individus sont stressés. Le bénéfice vient donc de l'effet anxiolytique de l'alcool, et l'effet anxiolytique diminue avec le temps, qui à terme favorise l'anxiété (par tolérance) qui requiert répétition et augmentation des consommations, c'est-à-dire favorise la dépendance. La dépendance installée chez un des conjoints entraîne une mésentente conjugale, des dysfonctions sexuelles, une pauvreté de communication, des violences physiques et verbales et un plus fort taux de séparation par rapport à la population générale."


Le 26 Sep 17