Alcool - Sortir de l'addiction à l'alcool

 

Réduction des risques

Depuis quelques années, en addictologie, le concept de réduction des risques et des dommages a pris une place centrale
au niveau des pratiques thérapeutiques.

Le concept de réduction des consommations d’alcool s’est progressivement imposé dans un contexte de santé publique.De nombreuses études scientifiques ont démontré que le risque de dépendance à l’alcool, les dommages à court et moyen terme ainsi que la mortalité augmentent en fonction du niveau de consommation d’alcool.

La réduction des consommations représente un objectif thérapeutique possible chez les personnes présentant un mésusage d’alcool. Cet objectif permet de réduire les risques et les dommages qu’une consommation élevée d’alcool comporte, permet d’améliorer la santé et les problèmes familiaux et socioprofessionnels de la personne et, plus globalement, la qualité de vie. Cette stratégie peut permettre d’évoluer par étapes vers un arrêt du mésusage d’alcool. Mais, la plupart du temps, le sevrage d’alcool et l’abstinence sont les objectifs les plus fréquemment fixés.

Stratégies de prise en charge

L’atteinte d’un objectif d’arrêt d’alcool ou de retour à un usage simple peut se faire par deux
stratégies :
-arrêt encadré de tout usage d’alcool avec maintien ultérieur d’un arrêt plus ou moins long de
tout usage d’alcool. Dans le cas du patient avec dépendance, l’arrêt planifié de l’usage d’alcool
est appelé « sevrage »;
-réduction progressive de l’usage pour arriver idéalement à un usage simple voire à un arrêt
total de l’usage d’alcool.

Approche médico-psycho-sociale et prise en charge des répercussions sociales et médicales

La prise en charge de ce type de troubles addictologique doit être globale et aborder le sujet dans ses dimensions biologiques, psychologiques, et sociales. Les comorbidités psychiatriques, les autres addictions, et les répercussions sociales et médicales du trouble lié à l’usage d’alcool doivent être correctement prises en charge, si nécessaire par des interventions multidisciplinaires intégrant des spécialités médicales différentes, des psychologues, des assistantes sociales, des éducateurs, etc.

Psychothérapie motivationnelle

L’ambivalence du patient vis-à-vis de sa consommation d’alcool est intrinsèque à la dépendance. Le travail sur la motivation du patient est central dans la prise en charge.
L’entretien motivationnel est un style d’entretien visant à renforcer la motivation au changement et explorer et à réduire son ambivalence. Elle permet également de renforcer l’adhésion du sujet à la prise en charge médicale.

Pour la psychothérapie motivationnelle, il existe des stades de motivation (stades de Prochaska) qui permettent de déterminer la situation de dépendance du patient, ils se déclinent de la façon suivante :

Stade initial de précontemplation : le patient n’envisage pas d’intervention sur sa dépendance. Que faire  ? conseil minimal*

Stade de contemplation : le patient envisage de se sevrer mais ne s’engage pas forcément. Que faire ?  conseil minimal puis discussion approfondie

Stade de préparation : l’idée du sevrage est déjà installée chez le patient, l’arrêt est envisagé plus sérieusement. Que faire ? proposer un rendez-vous avec le médecin généraliste ou avec un spécialiste

Stade d’action : le patient commence le sevrage. Que faire ? l’encourager et le soutenir dans sa démarche

Stade de maintien : le patient à réussi à stopper sa consommation d’alcool, des stratégies peuvent être mises en place pour l’aider à se maintenir dans le sevrage. En cas de rechute, il faut envisager l’échec comme une étape vers le sevrage et ne pas culpabiliser le patient.

* Le conseil minimal est destiné au patient qui ne demandent pas d’aide malgré leur dépendance, il consiste en une série de questions pour renforcer la motivation des patients. 

Psychothérapie cognitivo-comportementale

La consommation d’alcool peut être déclenchée par des stimulants extérieurs qui conditionnent le patient à ressentir l’envie de consommer (rencontrer un ami buveur, publicité pour l’alcool…) les psychothérapies comportementales sont des outils très importants pour contrôler ces pulsions de consommations. Elles leur permettent d’évaluer leur envie d’alcool, d’identifier les repères cognitifs qui les incitent afin de mieux lutter contre ces derniers. Elles permettent aussi de lutter contre les illusions des consommateurs durant leur dépendance comme notamment l’illusion de la maîtrise de consommation (le consommateur sevré pense pouvoir boire de nouveau quelques verres sans rechuter) ou le syndrome du tout ou rien.

Psychothérapie de groupe 

Les psychothérapies de groupe sont très souvent utilisée pour le traitement de l’alcoolo-dépendance. Il existe des groupes impliquant la participation de psycho-thérapeutes et d’autres uniquement des groupes d’entraides entre patients comme les alcooliques anonymes.

Les groupes d’entraides

Ces groupes sont fondés sur une dynamique d’encouragement collectifs et de soutien d’anciens malades qui apparaissent comme des référents pour ceux souhaitant se sevrer. Les groupes d’entraides aident à retrouver une vie sociale et un nouveau réseau d’amis qui partagent le souhait de sortir de leur dépendance.

Accéder à notre page “en parler” pour trouver toutes les ressources afin de trouver des lignes d’écoute ou des groupes d’entraide.

Traitements médicamenteux

 

 

 

* L’ Aotal (Acamprosate) agirait sur le système glutamatergique. Il réduit faiblement mais significativement le taux de reprise d’alcool dans les six mois qui suivent un sevrage encadré d’alcool. C’est un traitement bien toléré.

 

 

* Le Revia (Naltrexone) est un antagoniste opioïde qui diminuerait les effets de récompense positive (plaisir) de la consommation d’alcool. Ce traitement diminue l’intensité de la reprise d’alcool après un sevrage. Il est formellement contre-indiqué en cas de traitement concomitant par opioïde (ex. antalgique) ou d’usage d’opiacés illicites.

 

 

* L’Esperal (Disulfiram) est un inhibiteur de l’acétaldéhyde-déshydrogénase, ce qui entraîne une élévation de la concentration en acétaldéhyde. Il provoque ainsi un effet antabuse en cas de consommation d’alcool : réactions d’inconfort avec bouffées de chaleur, nausées, vomissements, tachycardie, sensation de malaise. La consommation associée d’alcool est formellement contre-indiquée puisque des réactions plus sévères ont été rapportées (troubles du rythme cardiaque, collapsus cardiovasculaire, infarctus du myocarde, mort subite,…). Il n’est pas indiqué en première intention.

 

 

Le Selincro est un antagoniste opioïde qui a l’AMM pour aider à réduire la consommation d’alcool chez les patients présentant une dépendance (contre-indiqué en cas de traitement par opiacés ou de dépendance opiacée actuelle).

 

 

Le baclofène est un agoniste du récepteur GABA-B utilisé dans les troubles neurologiques spastiques. Cette molécule, sous le nom de Baclocur a obtenu l’AMM en Octobre 2018 pour la réduction de la consommation dans la dépendance à l’alcool.

 

 

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