Alcool et confinement : « Certains risquent d’avoir des problèmes à la fin de cette période »

Entre l’angoisse, l’isolement et l’ennui dus à la pandémie, les Français sont nombreux à boire plus que d’habitude. Un phénomène auquel il faut prendre garde pour ne pas aller vers la dépendance. Conseils du Professeur Benyamina.

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Addiction Alcool - Alcool et confinement : « Certains risquent d’avoir des problèmes à la fin de cette période »

Le confinement favorise-t-il une augmentation de la consommation d’alcool ?

Amine Benyamina : Oui. Il y a une augmentation globale de la consommation d’alcool : nous n’avons pas encore de chiffres mais nous l’observons, même si les chiffres de vente sont contradictoires (il y a eu des effets de stock au départ). En tant que spécialistes, nous constatons que toutes les conduites addictives aux produits licites, en tout cas tabac et alcool, ont été majorées. D’ailleurs les débits de tabac et d’alcool n’ont pas fermé et sont inclus dans les commerces de première nécessité. Et c’est très bien car mettre brutalement les gens en situation de sevrage absolu peut les mettre en danger.

Les personnes qui avaient déjà, avant le confinement, des problèmes d’alcool ont besoin de consommer, au moins un peu, pour ne pas se retrouver confrontées à des problèmes psychologiques ou physiques. Quand elles seront déconfinées, nous les prendrons en charge.

Pour quelles raisons les Français boivent-ils plus ?

A.B. : Dans la population générale, un niveau de tolérance ou d’oubli des grandes mesures de prévention s’est installé parce qu’il faut bien passer le temps, s’accorder des moments de plaisir qui passent aussi par la consommation d’alcool (« apéros Skype »…) On boit à la fois pour des raisons festives, et en cherchant un effet de détente artificielle, un effet anxiolytique pour certains. Le verre permet un autosoulagement. Il « occupe » face à l’ennui aussi. Ce n’est pas forcément inquiétant, mais c’est une tendance qu’on observe pendant le confinement.

Parmi les personnes qui étaient déjà malades de l’alcool, certaines font des rechutes. Elles sont à la fois angoissées par le confinement, comme nous tous, en plus de situations personnelles, familiales, parfois compliquées qui peuvent être réveillées par la période. Et elles n’ont pas d’accès simplifié aux soignants.

Est-ce que cette augmentation de la consommation d’alcool vous inquiète ?

A.B. : Il n’y a pas forcément lieu de s’inquiéter. Mais le problème, c’est que dans le lot des Français confinés qui boivent plus que d’habitude, sans être forcément malades de l’alcool, on risque d’avoir un petit groupe qui aura des problèmes à la sortie du confinement. C’est statistique. Il y aura des phénomènes de dépendance.

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