ALCOOL / Intoxications médicamenteuses volontaires au baclofène : données d’un centre anti-poison français

Alcool / 4 décembre 2017

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Les patients avec un trouble d’usage d’alcool (TUA) présentent une fréquence accrue de troubles de l’humeur, et ont un risque élevé de tentative de suicide, notamment par intoxication médicamenteuse volontaire (IMV). Une forte augmentation des ventes de baclofène entre 2009 et 2015 a été constatée en France, liée à l’augmentation du nombre de patients traités pour un TUA. Dans le TUA, le baclofène est souvent prescrit à des doses plus élevées que pour son indication initiale (>30mg/j), ce qui peut faciliter une IMV en raison d’une plus grande disponibilité du traitement. En outre, la sédation induite par ce traitement semble liée à la dose. Dans ce contexte, les auteurs ont souhaité décrire l’épidémiologie et la morbi-mortalité d’IMV au baclofène.

Tous les cas d’IMV au baclofène signalés au Centre Anti Poison de l’Ouest de la France entre janvier 2008 et décembre 2015 ont été recueillis de manière rétrospective. Les cas d’IMV au baclofène ont été comparés aux 31 859 cas d’IMV n’impliquant pas le baclofène au cours de la même période.

Le nombre de cas d’intoxication par le baclofène a augmenté de 8 cas en 2008 à 91 cas en 2015. Au total, 190 cas ont été considérés. Cinquante-neuf pour cent des patients avaient un score de Glasgow ≤ à 12 à l’admission à l’hôpital. Quatre-vingt patients avaient eu une ventilation mécanique (42,6 %). La sévérité neurologique (score de Glasgow ≤  à 12) était associée à la survenue de crises convulsives (n = 24,22 % vs. n = 2,3 %, P < 0,001). Le taux de mortalité était de 2,6 %. En comparaison, le taux d’intubation endotrachéale (6 %, P < 0,001) et le taux de mortalité (0,1 %, P = 0,02) étaient plus faibles dans les cas d’IMV n’impliquant pas le baclofène.

Au cours des dernières années, le nombre d’IMV au baclofène s’est considérablement accru en raison de l’augmentation du nombre de médicaments prescrits pour la prise en charge du TUA. La dépendance à l’alcool est souvent associée à des troubles psychiatriques; par conséquent, avant toute prescription, il apparaît indispensable d’examiner les antécédents psychiatriques afin de discuter du rapport bénéfice/risque du traitement et d’organiser un suivi psychiatrique adapté.$

Par Louise Carton

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