» retour

ALCOOL / Le faux effet protecteur du «petit» verre

C’est la fin d’un paradoxe dont s’accommodaient les amateurs d’alcool : non, il n’y a pas d’effet bénéfique pour la santé à consommer de petites doses quotidiennes. Étonnant, car de nombreuses études ont mis en évidence un avantage apparent, notamment sur le plan cardiovasculaire, à boire un peu (deux verres maximum par jour) plutôt que pas du tout. En réalité, cela vient d’une erreur méthodologique fréquente, explique une étude publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs.

 

En effet, lorsqu’ils comparent des petits buveurs et des abstinents, les chercheurs mêlent souvent indifféremment dans ce dernier groupe les anciens buveurs et ceux qui n’ont jamais touché une goutte d’alcool. «Cela crée un biais qui fait apparaître les buveurs modérés mieux qu’ils ne sont lorsqu’on les compare aux abstinents », explique au Figaro le Pr Tim Stockwell, directeur du centre de recherche sur les addictions à Victoria, au Canada. «En réalité beaucoup d’anciens buveurs étaient auparavant des buveurs modérés, et s’ils ont cessé de boire ou réduit leur consommation, c’est parce qu’ils n’allaient pas bien», ajoute-t-il.

Avec ses collègues américains et australiens, il a recensé 87 études apparemment solides sur les liens entre la consommation d’alcool et la mortalité. «Nous avons trouvé 65 études sur 87 qui faisaient cette erreur, détaille le Pr Stockwell. Nous avons aussi envisagé le cas des buveurs occasionnels ayant réduit leur consommation.» Ceci étant fait, la pseudo-protection de la consommation modérée d’alcool disparaît.

  • Partager l'article sur

A consulter aussi


Actualité

ALCOOL / Alternative à l’inaptitude à la conduite : l’éthylotest anti-démarrage, c’est parti !

L’ANPAA vient de signer une convention avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR) permettant la mise en place dans 3 départements – Drôme, Nord et Marne – d’un protocole de préfiguration du dispositif d’éthylotest anti-démarrage (EAD) dans un cadre médico-administratif sur décision préfectorale accompagné d’un stage médico éducatif.


Le 07 Mar 17
ANPAA
Article scientifique

Quand l’hormone de la faim pousse les patients alcoolodépendants à la rechute

La ghréline est une hormone digestive connue pour augmenter l’appétit. Elle a aussi été impliquée dans divers rôles fonctionnels dans le système nerveux central. Les interactions centrales et périphériques entre la ghréline et d'autres hormones, y compris l'hormone de réponse au stress, le cortisol, participent à des réponses comportementales complexes aux signaux externes et aux états internes (interoception).


Le 14 Juin 18