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ALCOOL / L’éducation des jeunes à (bien) boire présente surtout des risques

Une publication américaine démonte un mythe. En effet, lors de chaque débat parlementaire, un des arguments préférés des députés ou sénateurs relayant ceux du lobby de l’alcool, est que le meilleur moyen de prévenir les comportements excessifs à l’adolescence ou à l’âge adulte serait d’éduquer les enfants ou les jeunes à boire correctement. Cette affirmation n’a jamais été démontrée, et elle sert essentiellement de contrefeu pour ne pas mettre en œuvre des mesures dont l’efficacité a été parfaitement démontrée par les études scientifiques.

 

Les trois chercheurs de l’Université de Buffalo[1] ont suivi 765 familles réparties en deux groupes de taille équivalente selon que les enfants (moins de 13 ans) étaient ou non autorisés par leurs parents à siroter (sipping) ou goûter (tasting) de l’alcool. Les résultats sont significativement plus mauvais quand les parents supervisent (et donc autorisent) les enfants dans leur dégustation. Quelques années plus tard, en effet, cette permissivité des parents était associée à une consommation plus fréquente, à une consommation moyenne d’alcool par jour plus importante et à d’autres problèmes liés à l’alcool à la fin de l’adolescence.

Désormais, nous savons que non seulement, l’éducation à boire dans le milieu familial, ne présente pas de bénéfice pour le comportement futur en matière de consommation d’alcool, mais surtout qu’elle favorise les comportements ultérieurs à risque.

Cette étude confirme une précédente, parue dans la revue de référence The Lancet[2] en février 2018 qui concluait ainsi : “Il n’y a aucune preuve à l’appui de l’opinion selon laquelle l’approvisionnement des parents protège des résultats négatifs de la consommation d’alcool en fournissant de l’alcool à leur enfant. Les parents devraient être informés que cette pratique est associée au risque, à la fois directement et indirectement en raison de l’accès accru à l’alcool provenantd’autres sources “.

Il reste à souhaiter que les parlementaires abandonnent la promotion d’une prétendue éducation au goût qui s’avère in fine dangereuse pour les jeunes.

 

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