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ALCOOL / Quand le travail devient une bonne raison de boire

Un pot de départ dans les locaux, une bière entre collègues en fin de journée, un verre de rouge dans un repas d’affaires… Au travail, toutes les occasions sont bonnes pour s’offrir un petit verre d’alcool et la consommation dépasse parfois la limite du raisonnable. « Contrairement aux idées reçues, tout le monde est touché, et pas seulement les ouvriers dans l’industrie, pour le dire de manière un peu triviale », explique Guillaume Airagnes, psychiatre addictologue à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris et doctorant à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à l’AFP.

Cadres, ouvriers, fonctionnaires… Toutes les catégories socioprofessionnelles présentent des taux élevés de consommation à risque d’alcool, selon les résultats d’une étude présentée ce jeudi à l’occasion de la troisième Journée nationale de prévention des conduites addictives au travail. Selon les chiffres révélés, cinq millions de Français ont une consommation à risque et deux millions sont dans une dépendance vis-à-vis de l’alcool.

 

Toutes les catégories professionnelles concernées

Certaines catégories sont davantage concernées. Les milieux de l’éducation, des services à la personne et du commerce, dont les travailleurs ont en commun d’être « exposés quotidiennement au public dans le cadre de leur travail », sont particulièrement touchés, explique Guillaume Airagnes qui ajoute que les personnes confrontées « à ce type de risque psychosocial qu’est l’exposition stressante au public ont davantage de risque d’avoir des consommations d’alcool » plus élevées.

« Il est clair que la pression au travail joue clairement sur la consommation d’alcool des individus. Peu importe la catégorie socioprofessionnelle, il y a toujours le même point unificateur qui est la pression sur le lieu de travail », explique Bernard Jégou, chercheur àl’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et directeur de la recherche à l’Ecole des hautes études en santé publique​ (EHESP), joint par 20 Minutes. « Que ce soit l’alcool, ou d’autres substances comme la cocaïne, ces produits agissent comme des psychostimulants dans des conditions de travail extrêmes. La consommation dépend de l’individu mais aussi de ses conditions de travail » ajoute-t-il.

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