Apprendre à résister à l’influence des pairs : un moyen de diminuer ses consommations ?

Alcool / 5 mars 2018

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Addiction Alcool - Apprendre à résister à l’influence des pairs : un moyen de diminuer ses consommations ?

Chez les adolescents et jeunes adultes, les consommations d’alcool, et notamment les consommations de type binge drinking (= alcoolisations ponctuelles importantes, qui se caractérisent par des consommations de plus de 5 verres en moins de 2 heures) sont fortement associées aux normes sociales et au comportement vis-à-vis de l’alcool du groupe d’appartenance. Dans cet article, ces chercheurs ont souhaité savoir si la capacité à résister à l’influence des pairs (que l’on pourrait rapprocher de la capacité d’une personne à s’affirmer vis-à-vis de son groupe de pairs) était associée à une diminution de la fréquence du binge drinking.

 

En se basant sur une population de 1300 étudiants à l’université (âge moyen 18 ans et demi), ils ont ainsi évalué la capacité de résistance à l’influence des pairs, les normes sociales du groupe d’appartenance (en termes de consommation d’alcool) ainsi que l’usage d’alcool personnel et des proches (consommation d’alcool, nombre d’épisodes de binge drinking au cours du mois).

 

Tout d’abord, ces auteurs ont confirmé le lien fort entre la consommation d’alcool des étudiants et les normes sociales du groupe d’appartenance, qu’il s’agisse des normes sociales réelles du groupe ou des normes sociales perçues et intériorisées par les étudiants.

Il existait également un lien entre la consommation d’alcool d’une personne donnée et la perception que cette personne avait de la norme sociale du groupe, ainsi qu’un lien entre la consommation d’alcool d’une personne donnée et les normes sociales effectives/réelles (en termes de consommations d’alcool) et les consommations du groupe.

L’intérêt de ce travail était de démontrer que parmi les étudiants ayant intériorisé une norme sociale de consommation élevée, ceux qui étaient capables de résister à l’influence des pairs étaient moins à risque de consommer que les autres, tandis que ceux qui avaient plus de difficultés à résister étaient à plus fort risque de binge drinking. Néanmoins, lorsque la consommation effective du groupe social d’appartenance était élevée, la consommation d’alcool d’un membre de ce groupe était élevée.

Les auteurs concluent que des interventions visant à favoriser la résistance vis-à-vis des pairs permettraient de diminuer les consommations d’alcool et ses dommages chez les jeunes adultes.

Par Paul Brunault

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