Choc des générations : les facteurs de risque de consommation quotidienne d’alcool varient-ils en fonction de l’âge ?

Alcool / 2 février 2018

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Addiction Alcool - Choc des générations : les facteurs de risque de consommation quotidienne d’alcool varient-ils en fonction de l’âge ?

Avec le vieillissement des baby-boomers, le nombre de personnes âgé va augmenter de manière conséquente d’ici 2030. Dans ce contexte et au vu des données épidémiologiques concernant le trouble d’usage de substance psychoactives dans la population adulte mondiale actuelle, l’alcool étant la substance la plus consommée, il est raisonnable de penser que le pourcentage de sujets âgés abuseurs ou dépendants va progressivement croitre. L’identification, l’évaluation et le traitement de ces pathologies dans cette population particulièrement vulnérable aux effets toxiques de ces substances est donc un véritable défi de santé publique à relever.

 

Plusieurs facteurs spécifiques aux sujets de plus de 50 ans sont associés aux consommations problématiques d’alcool. La littérature évoque par exemple les évènements de vie négatifs et les modifications du statut social. On peut citer plusieurs exemples, le deuil, une mauvaise santé, la solitude, la retraite ou la perte d’emploi, ainsi que la dépression ou le stress. Les études sur le sujet sont toutefois souvent peu généralisables et ne se concentrent pas sur la population spécifique des baby-boomers qui semble avoir une attitude différente des générations précédentes en ce qui concerne les substances psychoactives. Il parait donc intéressant de comparer cette génération aux sujets plus jeunes dont les positions à ce sujet sont plus proches.

Cette étude a donc cherché à évaluer s’il existait des différences en termes de facteurs de risques de consommation quotidienne d’alcool entre des sujets jeunes et des sujets de plus de 50 ans au moyen d’évaluations écologiques répétées.

 

Les participants étaient âgés de 20 à 73 ans et ont reçu des sondages quotidiens directement sur leur smartphone. Plusieurs facteurs variaient selon l’âge dans l’étude. Le niveau d’ennui quotidien favorisait plus les consommations d’alcool dans le groupe âgé tandis que la mauvaise qualité de sommeil la favorisait pour le groupe jeune. Ils ne retrouvaient pas de différence de consommation selon l’âge pour les sujets avec un haut niveau d’engagement, en revanche pour les niveaux plus faibles, les sujets âgés étaient plus susceptibles de consommer de manière plus importante. L’estime de soi de bonne qualité permettait de prédire une plus faible consommation de manière plus importante pour les sujets jeunes que pour le groupe âgé. Enfin, la consommation quotidienne d’alcool comme marqueur de mésusage était plus fortement retrouvée pour les sujets jeunes.

 

En conclusion, cette étude montre qu’il existe des facteurs spécifiques liés à l’âge et à la génération dans les pathologies addictives. Ceux-ci ne sont pas pleinement pris en compte dans les campagnes de prévention et les politiques de santé actuelles. Il semble pourtant important de mieux comprendre dès à présent les motivations à consommer pour adapter les dispositifs de soins au vieillissement des consommateurs actuels et l’apparition des nouvelles générations d’usagers.

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