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Cocaïne : les réponses préconisées par l’Inserm face à une « urgence sanitaire et sociale »

L’Inserm pointe des leviers d’action pour lutter contre les risques liés à la cocaïne, dans une vaste étude publiée ce jeudi. Médicaments, programme d’incitation et salle de consommations supervisées sont identifiés par les experts comme plus efficaces que la répression du consommateur.

Autres drogues

Le 7 avril, c’est la Journée mondiale de la santé. En 2026, elle vise à susciter un soutien en faveur de la science. L’occasion pour Addict’AIDE de mettre en lumière l’expertise collective ciblée publiée en janvier 2026 par l’Inserm1 face à une « urgence sanitaire et sociale » : la consommation de cocaïne.

Jamais la cocaïne n’a été aussi accessible et bon marché en Europe !

Les données le confirment :

  • les quantités saisies atteignent des records, signe d’une offre en forte hausse,
  • les résidus détectés dans les eaux usées témoignent d’une consommation croissante,
  • le prix au kilo baisse, avec pour conséquence des consommateurs de plus en plus jeunes,
  • la pureté du produit augmente, et avec elle, les risques sanitaires.

Quels effets sur la santé ?

Ils sont nombreux :

  • troubles cardiovasculaires,
  • lésions ORL,
  • altérations des fonctions cognitives : attention, mémoire, apprentissage et psychomotricité),
  • impulsivité,
  • dépendance…
  • voire développement ou aggravation de troubles psychiatriques…

Pas de traitement, mais des pistes intéressantes !

L’Inserm rapporte que plusieurs pistes médicamenteuses sont à l’étude : la kétamine, le méthylphénidate, les psychédéliques (la psilocybine) ou le bupropion (un anti-dépresseur).

Par ailleurs, en complément des traitements médicamenteux, les approches psychothérapeutiques, telles que les thérapies cognitivo-comportementales et les entretiens motivationnels, restent essentielles.

Prévenir et réduire les risques et les dommages

Pour limiter l’initiation de la consommation et freiner l’expansion des usages problématiques, des actions sont identifiées par les experts de l’Inserm :

  • le développement des campagnes ciblées de prévention,
  • le renforcement des dispositifs de réduction des risques, comme les haltes soins addictions, qui offrent un lieu de consommation supervisée et permettent d’accéder aux usagers et de les orienter vers les services sociaux et médicaux adaptés.

Ne pas stigmatiser les usagers

Enfin, les experts soulignent l’importance de ne pas stigmatiser les usagers car cela limite la recherche de soins et leur efficacité.

Ils invitent notamment à repenser notre politique pénale, en recentrant la répression sur les trafiquants de haut niveau, et en choisissant une approche qui ne criminalise pas les personnes qui ont des troubles de la consommation. Un point de vue partagé par Addict’AIDE.

Cocaïne – Expertise collective ciblée, Inserm, 2026.

Pour en savoir plus : https://www.inserm.fr/expertise-collective/cocaine/