Consommer plus de 10 verres d’alcool par semaine augmente la mortalité et le risque de pathologies cardiovasculaires : une étude du Lancet

Alcool / 23 avril 2018

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Addiction Alcool - Consommer plus de 10 verres d’alcool par semaine augmente la mortalité et le risque de pathologies cardiovasculaires : une étude du Lancet

Ce nouvel article du Lancet sur les addictions (décidément très riche en contenu addictologique cette année) a cherché à identifier quel pouvait être le seuil à partir duquel la consommation d’alcool pouvait être considérée comme à risque sur le plan cardiovasculaire (mortalité et survenue d’infarctus, accidents vasculaires cérébraux, hypertension, …)

Les recommandations actuelles proposent plusieurs seuils à risque (tantôt pas plus de 2 ou 3 verres standards par jour selon le sexe, tantôt 2 verres standards par jour selon les recommandations de Santé Publique France). D’autres personnes évoquent même des effets bénéfiques éventuels de la consommation. Quel niveau de preuve de ces recommandations ?

 

Dans cette étude de grande ampleur (environ 600’000 personnes ayant eu une pathologie cardio-vasculaire, soit des patients issus de 83 études prospectives de buveurs venant de 19 pays différents), il a été cherché à partir de quel seuil la consommation d’alcool était associé à sur risque de mortalité et de pathologie cardiovasculaire.

 

Il a ainsi été démontré une corrélation significative entre la quantité d’alcool consommée et la mortalité (effet dose : plus on boit beaucoup, plus on risque de mourir plus tôt). A partir de quelle dose cette surmortalité existe t elle ? A partir de 100 g d’alcool par semaine, soit moins de 1 verre et demi par jour. Il existait en effet un seuil de consommation à partir duquel la mortalité augmentait de manière significative : à partir d’un consommation de 100 g d’alcool par semaine, soit une consommation de moins de 2 verres par jour. La consommation d’alcool à raison de 100 g par semaine (environ 1 verre et demi de vin par jour) est associée à risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral, de certaines maladies coronariennes, de trouble du rythme cardiaque, d’arrêt cardiaque et de décès par rupture d’anévrysme de l’aorte ou crise hypertensive. La seule pathologie associée à un moindre risque était la survenue d’un infarctus du myocarde, qui était diminuée de manière très discrète avec une consommation de plus de 100 g d’alcool par jour. Dans tous les cas, une prise en compte de l’ensemble des pathologies concluait à un sur-risque de mortalité à partir de 100 g d’alcool par jour.

 

Une consommation de 100 à 200 g d’alcool par semaine était associée à une diminution moyenne d’espérance de vie de 6 mois, une consommation de 200 à 350 g d’alcool par semaine à une diminution moyenne d’espérance de vie de 1 à 2 ans, et une consommation de plus de 350 g d’alcool par semaine à une diminution moyenne d’espérance de vie de 4 à 5 ans.

 

En résumé, ce travail est en faveur de l’intérêt de définir des seuils de consommation à risque bien inférieurs à ceux retenus actuellement (pas plus de 1 verre et demi par jour si l’on veut diminuer la mortalité et augmenter l’espérance de vie). Ce travail alimente le débat sur les dommages liés à l’alcool, qui ne doit pas se situer uniquement au niveau des populations à plus fort risque comme les femmes enceintes ou les jeunes.

 

Par Paul Brunault

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