L’heure du bilan a sonné. Depuis 2020, de nombreux Français suivent le Défi de janvier, une initiative venue du Royaume-Uni consistant à ne pas boire d’alcool pendant un mois. Un défi à la fois personnel et de santé publique, puisque l’alcool est à l’origine de plus de 40 000 morts chaque année, souligne Santé publique France. Sa consommation, « y compris à faibles doses », augmente le risque de développer certains cancers et de nombreuses maladies chroniques.
Ce mois à sec permet d’améliorer le sommeil, la santé physique et la santé mentale, selon une étude de chercheurs français publiée en décembre. « Arrêter l’alcool a des effets différents selon les individus, que ce soit dans les résultats de prise de sang ou sur la pression artérielle », expose Hervé Martini, addictologue et secrétaire général d’Addictions France, une des associations à l’origine de l’initiative en France. « Cela permet de faire un point sur sa consommation et, parfois, de prendre conscience que son rapport à la boisson est plus complexe qu’on ne le pense. »
Début janvier, franceinfo a interrogé cinq Français motivés par cette abstinence temporaire. L’occasion de « faire le point sur leur consommation » et de voir si le manque se faisait sentir. Un mois plus tard, nous avons recontacté Edith, Thibault, Claire, Emma et Clément. Ils racontent ce mois (presque) dépourvu de toute boisson alcoolisée.
Emma, 25 ans : « Une fois la tentation passée, elle n’est pas revenue«
Fonctionnaire dans le Territoire de Belfort. « Ce mois sans alcool a été plus facile que je ne le pensais. Au début, un lundi soir un peu morose, avec la reprise du travail, je me suis dit qu’un petit verre de vin me ferait du bien pour relâcher la pression. Mais une fois la tentation passée, elle n’est pas revenue et je n’ai rien bu.«
« Avec une amie, on s’est envoyé des messages pour se motiver. Notamment avant les soirées de vœux au travail, on s’est demandé si on poursuivait notre mois sans alcool. Pour ma part, j’ai passé la soirée à l’eau pétillante. J’ai même veillé tard le soir et dansé. Ça ne m’a pas du tout manqué. Ça n’a même pas été un sujet.«
« Au fil du mois, en voyant que les repas de famille et les moments festifs étaient passés sans avoir envie d’un verre, j’ai même investi dans une machine pour préparer mon eau pétillante. Cela va m’encourager à poursuivre sans alcool le plus longtemps possible ! Je veux continuer à vivre sobre, sans me fixer d’objectif précis, juste pour voir jusqu’à quand je pourrai tenir.«
Clément, 44 ans : « Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas ouvert une bouteille«
Kinésithérapeute en Côte-d’Or. « Après sept Défis de janvier, ce mois de sobriété est presque devenu une routine ! Toutefois, avec ma compagne, on a quand même bu samedi soir. Un copain est passé sans prévenir et on a ouvert une bouteille. Mais le reste s’est très bien passé. Depuis notre premier ‘défi de janvier’, nous avons pris beaucoup de distance avec la boisson. On passe régulièrement plusieurs semaines sans boire. On a d’ailleurs dit à notre ami que cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas ouvert une bouteille à table. »
« Cela a été un sujet par le passé, mais maintenant on ne se pose plus la question. » ajoute-t-il.
« Nous allons continuer sans alcool pendant encore quelques semaines. Nous partons en vacances en Amérique centrale avec ma compagne et nous ne boirons pas si nous ne sommes que tous les deux. On préférera toujours un jus de fruits frais à une bière. Désormais, c’est boire un verre qui nous paraît exceptionnel, quel que soit le mois de l’année.«
Claire, 58 ans : « Quelle idée de faire ça en janvier !«
Gestionnaire administrative en Loire-Atlantique. « C’est la troisième fois que je me lance dans le défi de janvier. Pourtant, cette année, c’était plus difficile que d’habitude, même si je dors mieux et que je me sens plus saine. La météo a été atroce, j’ai affronté quelques difficultés au travail et dans ma vie sentimentale… Je n’avais pas le moral et en plus, je ne pouvais pas me faire plaisir en prenant un petit verre de vin. Quelle idée de faire ça en janvier !«
« C’est surtout en soirée que trinquer m’a manqué. Le plus difficile, c’est de renoncer au premier verre. » ajoute-t-elle.
« Il n’y a pas assez de choix pour remplacer l’alcool à mon goût. Ce n’est pas très bon ou trop sucré. Il n’y a que la ginger beer qui me convienne. A la maison, l’abstinence a été plus facile. J’ai remplacé le verre de vin par un bon thé noir, que je mélange à du gingembre.
D’habitude, le Défi de janvier me permet de me rassurer quant à ma consommation d’alcool. C’est moins le cas cette année. En plus, je voulais profiter de cette période pour perdre un peu de poids… J’ai toujours les deux kilos pris pendant les fêtes. Les autres années, je buvais du Perrier, mais là, ça m’a dégoûtée. J’ai compensé l’alcool par des boissons sucrées et des pâtisseries… J’attends avec impatience l’année prochaine pour me retester !«
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