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L’alcool : principale cause de démence précoce

La consommation excessive d’alcool multiplie par 3 le risque de démences et double celui de développer la maladie d’Alzheimer. Plus grave encore, elle est la cause de plus de 50% des démences précoces (débutant à moins de 65 ans).

 

Une étude majeure, signée par Mihaël Schwarzinger et par deux équipes INSERM et les meilleurs épidémiologistes étrangers, publiée dans  le Lancet Public Health (référence en santé publique), met en évidence ces données capitales.  Sa méthodologie est d’une rigueur inattaquable : les auteurs ont travaillé sur une enquête nationale exhaustive à partir des données du PMSI. Ils ont recherché le diagnostic de démence dans l’ensemble des patients hospitalisés entre 2008 et 2013.

Parmi les 31,6 millions d’hospitalisés, 1,1 millions ont eu un diagnostic de démence et 57353 celui de démence précoce. Parmi ceux-ci, 55% avait un diagnostic de démence alcoolique ou de dépendance alcoolique. (voir schéma ci-dessous : en rouge la démence alcoolique et en jaune la dépendance alcoolique).

Chez les sujets de plus de 65 ans le risque de démence est triplé en cas de consommation excessive d’alcool (le seuil retenu était de 6 verres par jour pour les hommes et 4 verres pour les femmes).

Le tableau ci-dessous illustre ce triplement du risque; bien au-delà de celui des facteurs de risques mieux connus tels que le tabagisme, l’obésité l’hypertension artérielle qui multiplient le risque par 1,5.

 

Sur un plan pratique, on peut en tirer plusieurs préconisations :

  • D’abord intensifier le dépistage précoce et les interventions brèves en médecine générale et le traitement le plus précoce possible de la dépendance. Cela sera surement une des stratégies les plus utiles dans le rapport coût/efficacité
  • Parallèlement les mesures politiques telles que la réduction de la disponibilité, l’augmentation du prix, le contrôle du marketing ont également prouvé leur efficacité

Rappelons que le rôle majeur de l’alcool dans le déclenchement des démences était connu depuis longtemps et dénoncé par les addictologues et les neurologues. Cette notion était peu reprise par les médias et mal connue du public. Après la reconnaissance du risque alcool dans le cancer (deuxième facteur de risques après le tabac) voici mis en valeur, de façon indiscutable, les conséquences de la consommation excessive d’alcool sur le cerveau. Et, il  faut le rappeler à certains, il y a de l’alcool dans le vin.

 

Michel Reynaud

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