Les altérations des capacités de prise de décisions ont été évaluées à maintes reprises dans le cadre de troubles de l’usage d'alcool sévère à l'aide de l'Iowa Gambling Task (IGT).

Alcool / 5 novembre 2018

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Addiction Alcool - Les altérations des capacités de prise de décisions ont été évaluées à maintes reprises dans le cadre de troubles de l’usage d'alcool sévère à l'aide de l'Iowa Gambling Task (IGT).

L’IGT a permis d’identifier les déficits à grande échelle dans cette population et peut maintenant faire partie de l’évaluation standard des capacités de prise de décision par un neuropsychologue en pratique clinique. Cependant, l’utilité clinique de l’IGT, notamment en ce qui concerne sa capacité à prédire une rechute et son lien avec les déficits cognitif clés du trouble de l’usage d’alcool, reste à clarifier.

Trente-huit patients récemment sevrés atteints de trouble de l’usage d’alcool et 38 témoins sains appariés ont bénéficié d’une évaluation par l’IGT. Cette tâche neuropsychologique utilise des récompenses monétaires virtuelles pour évaluer la prise de décision sous incertitude et dans des contextes de risque. Les caractéristiques de la maladie (p. ex., durée et intensité), les capacités cognitives, les comorbidités psychopathologiques et les dommages physiologiques ont également été mesurées, ainsi que les taux de rechute à six mois de la réalisation du test.

 

Comparativement aux témoins, les patients atteints de trouble de l’usage d’alcool présentaient une dissociation entre une prise de décision préservée dans l’incertitude et une prise de décision altérée dans le risque. Dans le groupe trouble de l’usage d’alcool, bien que les patients rechuteurs (55 % de l’échantillon) présentaient un fonctionnement cognitif global inférieur et des lésions hépatiques plus importantes que les non rechuteurs au moment du sevrage initial, aucune différence n’a été observée entre ces sous-groupes pour les évaluations par l’IGT. Les résultats de l’IGT n’étaient pas liés aux caractéristiques de la consommation d’alcool ni aux déficits cognitifs et aux atteintes physiologiques.

 

Ainsi, le trouble de l’usage d’alcool n’est pas lié à un déficit global de l’’IGT, comme suggéré précédemment, mais plutôt à une atteinte spécifique de la prise de décision dans des contextes de risque. Ce déficit n’est pas associé à d’autres variables liées à la maladie et n’a aucun pouvoir de prédiction de rechute. Ces résultats remettent en question l’utilité clinique de l’IGT en tant qu’outil permettant d’identifier les traitements les plus adaptés ou même de guider la réhabilitation (neuro)psychologique.

Par Nicolas Cabé 

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