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Peut-on vraiment utiliser des boissons placebo dans les études sur l’alcool en groupe ?

Les recherches sur l’alcool ont parfois recours à des boissons placebo qui permettent aux chercheurs d’évaluer les facteurs pharmacologiques et non pharmacologiques qui influent sur les effets de la consommation d'alcool. La recherche sur l’effet du contexte social de la consommation d'alcool est croissante, mais il existe peu de données sur l’efficacité de ces boissons dans des groupes, où la suspicion d’un seul participant peut potentiellement compromettre l'effet du placebo pour l’ensemble du groupe.

Alcool

Les recherches sur l’alcool ont parfois recours à des boissons placebo qui permettent aux chercheurs d’évaluer les facteurs pharmacologiques et non pharmacologiques qui influent sur les effets de la consommation d’alcool. La recherche sur l’effet du contexte social de la consommation d’alcool est croissante, mais il existe peu de données sur l’efficacité de ces boissons dans des groupes, où la suspicion d’un seul participant peut potentiellement compromettre l’effet du placebo pour l’ensemble du groupe. De plus, les recherches existantes se sont rarement intéressées à l’effets des différences individuelles sur l’effet placebo de ces boissons (comme le genre par exemple). Les auteurs de cette étude, ont mené ces analyses auprès d’un échantillon de sujets utilisant des boissons placebos. Ils voulaient examiner l’efficacité des placebos et les processus généraux du fonctionnement des placebos dans un contexte de groupe. Ils ont aussi analysé les associations possibles entre divers facteurs de différence individuels et la réponse au placebo (personnalité, genre, attentes envers l’alcool, état émotionnel avant la boisson, impulsivité, histoire d’alcoolisation, etc).

Au total, 240 participants (dont 50 % d’hommes et 50% de gemmes) ont consommé des boissons placebo pendant une période de consommation triadique (dans 80 groupes de trois personnes). Les boissons placebo étaient des cocktails réalisés devant les participants, pour lesquels de l’eau réfrigérée était prise dans une bouteille de vodka pour être ajoutée à un cocktail de fruits. Les participants devaient ensuite rapporter leur sensation subjective d’intoxication éthylique, de stimulation psychotrope, et de sédation, 8 minutes après avoir consommé de la boisson supposément alcoolisée. Ils devaient par ailleurs estimer la teneur en alcool de leur boisson à la fin de l’expérience.

Les participants qui ont consommé des boissons placebo en groupes étaient presque tous d’accord pour dire qu’ils avaient consommé de l’alcool (>99 %) et qu’ils avaient ressenti une augmentation des sentiments d’intoxication [p < 0,001] et de stimulation [p < 0,001]. Ces niveaux étaient semblables à ceux observés dans des études antérieures menées auprès de participants ayant bu un placebo en étant seuls. De plus, les réponses des participants au placebo étaient indépendantes des réponses des deux membres de leur groupe et n’étaient en grande partie pas affectées par les différents facteurs de différence inter-individuels

L’utilisation de boissons placebo par des groupes de sujets semble donc avoir bien fonctionné, indépendamment de l’influence éventuelles des membres du groupe les uns envers les autres. Les auteurs en conclue que les chercheurs peuvent mener avec succès des études sur les boissons placebos en utilisant des modèles de consommation collective afin de mieux étudier l’effet du groupe sur la consommation d’alcool.

Par Nicolas Cabé

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