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ALCOOL / De «médicament miracle» à médicament normal: l’histoire du baclofène

La grande et spectaculaire histoire du baclofène reste à écrire. C’est celle d’un médicament neurologique connu de longue date et qui émergea brutalement, il y a dix ans, comme traitement de l’addiction à l’alcool. Grâce à la découverte faite par un médecin devenu lui-même un grand dépendant, le Dr Olivier Ameisen, qui fera de son expérience hors du commun un livre destiné au grand public.

C’est aussi l’affaire des passions et des polémiques que souleva ce nouvel usage thérapeutique dans la communauté des patients et des médecins spécialistes de l’addiction –sans oublier la frilosité des autorités sanitaires françaises en charge de la sécurité des médicaments. C’est encore l’affaire d’une molécule qui, durant des années, fut très largement prescrite en dehors de ses indications officielles. Ce sera, enfin, le passage progressif d’un miracle espéré à une réalité, certes moins glorieuse, mais qui constitue néanmoins un progrès face à la maladie alcoolique.

 Cette annonce était très attendue par les deux principales associations de malades ainsi que par un petit groupe de médecins qui dénonçaient jusqu’alors, en vain, la lenteur des pouvoirs publics à reconnaître la réalité. Les travaux menés à partir des données officielles du Sniram démontraient que plus de 50.000 personnes alcooliques étaient alors sous baclofène et que 22.0000 nouveaux consommateurs avaient été recensés durant la seule année 2012. Il s’agissait d’hommes et de femmes âgés de 25 ans à 75 ans. Les prescriptions étaient pour l’essentiel le fait des généralistes (environ 16.000).Les chiffres de l’assurance maladie montraient aussi que l’évolution des prescriptions médicales illégales et les ventes en pharmacie répondaient fidèlement aux effets d’annonce médiatique.

Le phénomène avait commencé en 2008 avec la publication de l’ouvrage du Dr Ameisen avant de ralentir en 2011, après une mise en garde des prescripteurs par l’ANSM. On était ainsi passé de 554 kilos de baclofène commercialisés en 2006 à plus d’une tonne en 2012. «A l’exception du Médiator, c’est là un phénomène jamais observé pour un médicament prescrit en dehors de son autorisation de mise sur le marché et remboursé par l’assurance maladie», écrivions-nous en 2013. L’assurance maladie qualifiait d’ailleurs elle-même la situation d’«inconfortable» et de «paradoxale».

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