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ALCOOL / La consommation pendant la grossesse modifie le visage des fœtus

Il est bien établi que maternité et abus d’alcool font très mauvais ménage. Sous sa forme la plus grave, le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) associe des anomalies dans la forme du visage, un retard de croissance et un déficit mental . Le SAF toucherait au moins 1 % des naissances (soit 8000 nouveau-nés par an), selon des estimations jugées par les experts en deçà de la vérité, et il serait la cause la plus fréquente de déficit mental évitable.

À moins de 2 verres par jour, en revanche, les dangers sont mal connus. Or «il n’est pas toujours facile de dire aux femmes enceintes de ne pas boire du tout, sans preuve solide», regrette le Pr Michel Reynaud, addictologue, président du Fonds action addictions et concepteur du portail Internet Addictaid.

«Ce type d’études est important car certains essaient de remettre en cause le dogme du zéro alcool pendant la grossesse»

Pr Mickaël Naassila, de l’Inserm

Une équipe de l’université de Melbourne (Australie) publie dans la revue Jama Pediatrics une étude montrant que l’apparence physique caractéristique des enfants souffrant du SAF peut être retrouvée chez des bébés exposés à l’alcool durant la grossesse, même à de plus faibles doses. «Ce type d’études est important car certains essaient de remettre en cause le dogme du zéro alcool pendant la grossesse» au motif que les preuves manquent, met en garde le Pr Mickaël Naassila, directeur du groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm.

Les auteurs ont analysé la morphologie faciale de 415 enfants nés dans des maternités accueillant des grossesses à bas risque. Recrutées au début de la grossesse, les mères indiquaient leur consommation (fréquence, quantités, types d’alcool) dans les trois mois précédant la grossesse, puis tout au long de celle-ci. À 1 an, le visage et le crâne des bébés étaient photographiés en 3 dimensions.

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Le 22 Déc 16